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Capucine
écrit à

Arthur Rimbaud


Votre enfance


   

Cher M. Rimbaud,

Je suis au collège Jules Ferry, je suis en salle informatique et j'ai l'opportunité de vous poser quelques questions. Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire des poèmes? Aviez-vous envie de partager vos poèmes avec les autres? J'ai lu quelques poèmes de vous et je me demandais si vous aviez pris des cours de poésie. Quel est le premier poème qui a été publié? Est-ce avec ce poème que vous avez commencé à être célèbre? Pourquoi avez-vous fugué? Paul Verlaine vous a t-il soutenu lors de votre maladie? La maladie que vous avez eue avant de mourir vous a-t-elle empêché de continuer d'écrire des poèmes? Ou en faisiez-vous encore?

Merci d'avoir pris le temps de lire ma lettre, et d'y répondre.

Capucine


Chère mademoiselle,

Que de questions! Je vais tenter d'y répondre de manière organisée, bien que je tremble un peu de répondre à une jeune personne «en salle informatique», moi qui n'ai que ma plume entre les doigts... Les temps évoluent, ma foi! Lorsque j'étais élève, nous n'avions pas ce genre d'opportunité, même si nous pouvions tout de même correspondre avec de grands auteurs... vivants, s'entend: «Dialogus» n'existait pas encore.

Pour répondre à une première question, j'ai suivi des cours de lettres, comme tout élève, avec de la poésie dedans, mais je n'ai pas eu de «cours de poésie» à proprement parler. C'est la fréquentation des auteurs, classiques et moins classiques, qui m'ont donné envie d'écrire. Beaucoup de lectures et de travail, voilà le secret! Et, bien entendu, des gens de confiance à qui montrer vos premiers essais, et qui sauront être à la fois critiques et constructifs, ce qui est malheureusement rare. J'ai eu la chance d'avoir un maître compréhensif et enthousiaste à qui je dois beaucoup. Ma famille l'était moins, et c'est pour cela surtout que j'ai fait plusieurs fugues, pour quitter cet environnement délétère et aller me ressourcer à Paris auprès des vrais poètes. Mon premier poème publié a été «Trois baisers», en 1870, mais ce n'était qu'une œuvre de jeunesse, et c'est surtout avec «Le Bateau Ivre» que je me suis fait connaître dans les cénacles parisiens.

Pour finir, il y a des années que je n'ai plus eu de nouvelles de Verlaine (qui m'a tiré dessus, je vous le rappelle!). Quant à l'écriture, il y a longtemps aussi que je n'écris plus, même si je ne peux pas garantir ne pas écrire quelque chose avant ma mort. Je ne suis pas prophète et ne peux prédire l'heure de ma mort, que vous semblez connaître, vous. De grâce, ne me dites rien!

En espérant avoir répondu à vos attentes, Mademoiselle,

Bien à vous,

Rimbaud

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