Vois elle
       

       
         
         

Pym

      Bonjour Monsieur Rimbaud,

Quelle chance de pouvoir vous adresser un message...

Alors que j'étais en classe de français, le professeur me fit l'honneur de choisir un de mes poèmes pour sujet d'étude. Il a décidé qu'étant l'auteur je ne rendrais pas ce devoir, la confection d'un autre sonnet serait mon objectif.

Quelques jour plus tard, il a rendu à mes camarades leurs études de texte avec des notes allant de 8 à 15 sur 20. Puis, il entreprit de faire SA correction.

Catastrophe! j'avais écrit une ode à ma grand-mère récemment décédée et il développait un paquet de niaiseries sur l'adolescence et l'école...

Cet exercice a mis fin à ma production pseudo littéraire.

Mais il m'est resté de grands enthousiasmes d'adolescent pour l'oeuvre de quelques auteurs dont la vôtre.

Dans les années 1960 la revue «Bizarre» (j'ai oublié la date exacte) publiait une polémique au sujet de l'interprétation de Voyelles. D'aucuns (décidément les détails m'échappent) affirmaient qu'il fallait lire Vois Elle et que ce poème était une description peu flatteuse de la Femme. J'ai lu cet échange près de 10 années après sa parution et j'en ai gardé un souvenir associé à ma déconvenue lors de «l'explication de texte» du sonnet que j'avais commis.

Le temps est passé et j'ai, un jour, décidé de faire une peinture basée sur l'interprétation Vois-elle. Au fur et à mesure que le projet prenait forme, je me suis persuadé de la justesse de cette vision, mais j'ai gardé le un soupçon de doute...

Alors je me permets de vous soumettre en pièce jointe le résultat de mes élucubrations, ne m'en veuillez pas si j'ai complètement fait fausse route.

Le plaisir de vous faire découvrir A noir, E blanc, I rouge, U vert et O bleu se partage avec la peur de vous avoir déplu.
Merci de votre patience,

Pym

Pierre-Yves Montéléon
Orsay, France

 

        
          

Arthur Rimbaud


 
Cher Monsieur,
 
Je n'ai pas reçu ladite pièce jointe. 
Vois elle.... Vois zèle... Il faut faire bien du zèle pour sortir pareille interprétation. Je m'épate sur ma chaise et je m'esclaffe. D'autres y ont bien vu la représentation graphique du corps de la femme pendant l'orgasme! Certes ma poésie était censée être le fruit d'un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens, mais là, on part vraiment dans tous les sens. 
 
Bizarre, vous avez dit bizarre...
 
Bien à vous,
 
Rimbaud