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Thomas et Margaux
écrivent à

Arthur Rimbaud


Tristesse et désespoir


   

Très cher Arthur, bonjour,


Nous avons lu une grande partie de vos poèmes, nous sommes très touchés. Nous avons ressenti de la tristesse. Nous préférons tout particulièrement «Le dormeur du val». Dans ce poème, nous voyons bien que la mort vous fait peur et que la guerre vous déchire. C’est d’autant plus surprenant que ce poème, vous l’avez écrit à seize ans. C’est très jeune pour être aussi sensible. Pour nous, vous êtes un grand poète, comme Paul Verlaine.

Nous savons que vous avez une vie particulièrement mouvementée! La poésie n’est-elle pas pour vous, une façon de vous exprimer en toute liberté? Est-ce que vos poèmes seraient aussi beaux si vous aviez eu une enfance plus gaie?


Amicalement,

Margaux et Thomas


Chers Margaux et Thomas,


J'ai beaucoup aimé votre petite lettre et sa question finale, que je me suis posée bien des fois sans pouvoir y répondre. On dit souvent que les gens heureux n'ont pas d'histoire, peut-être qu'une vie mouvementée est la condition d'une écriture intéressante...

Quant au «Dormeur du val», je pense que n'importe quel enfant ou adolescent confronté à la mort aurait le même genre de réaction, faite de fascination et de répulsion. Mais l'appréciation que vous en faites me touche, et je vous en remercie.

La poésie a effectivement été pour moi un grand espace de liberté, le seul dans ma jeunesse quelque peu enfermée.


Bien à vous,

Rimbaud

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