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Florent V., Sylvère R., Dylan V. et Pierre M. 
écrivent à

Arthur Rimbaud


Que de choix!


   

Cher Arthur Rimbaud,

Nous tenons à vous exprimer toute notre admiration pour le travail que vous avez accompli pour la littérature française. Nous avons étudié vos poésies, comme «Ma bohème» ou encore «Roman» etc. Nous n'avons pas bien compris l'inspiration qui vous a amené a écrire le poème dont le titre est «Ma bohème».

Lorsque nous avons approfondi la lecture de votre biographie, nous avons découvert que vous avez arrêté d'écrire des romans au début de votre carrière. Pour quelle raison?

Lors de votre voyage à Bruxelles, vous vous êtes disputé avec votre ami Verlaine, qui par la suite vous a tiré dessus. Quelle fut la raison de ce geste? Et pourquoi avez- vous voyagé tant d'années avec lui pour à la fin en arriver là?

Pendant l'étude des péripéties de votre jeunesse, nous avons découvert que vous avez perdu vos parents. A quel âge? Est-ce que cet événement vous a poussé à devenir poète?

Vous êtes un enfant prodige! Depuis votre jeunesse, vous vous êtes intéressé à la littérature française. Mais quelle fut la raison de ce choix? Et quel était le regard de vos camarades de classe qui eux jouaient pendant que vous étudiiez de grands auteurs français et étrangers?

Revenons à votre vie «d'adulte» et notamment à votre hospitalisation à l'hôpital de Marseille. Les médecins ont dû vous amputer votre jambe droite, à cause d'une infection. Est-ce que cela vous a affaibli moralement?

Dans l'attente d'une réponse, nous vous prions d'accepter nos salutations les plus distinguées,

Florent V., Sylvère R., Dylan V. et Pierre M.


Messieurs,

Je vous remercie pour votre lettre si bien tournée et vais essayer de répondre précisément à vos questions.

J'ai écrit «Ma Bohême» lors d'une fugue, et l'inspiration, comme je l'ai écrit, est simplement venue de la nature, des étoiles, du grand air, de la liberté! Je sais que vos contemporains ont plus l'habitude des villes que de la campagne, mais le sentiment de liberté et de plénitude est tel lorsqu'on est seul sur la route...

Je n'aime pas tellement revenir sur cette histoire avec Verlaine. Nous nous sommes aimés, mais il était par trop hésitant et j'ai voulu le quitter, c'est pourquoi il m'a tiré dessus. Malheureusement, c'est d'une banalité affligeante.

Je ne sais pas où vous avez pu lire que j'ai perdu mes parents... Ma mère vit toujours et a une santé de fer. Mon père nous a, c'est vrai, quittés très tôt, mais nous n'avons appris son décès que récemment. Je ne pense pas que son absence m'ait amené à devenir poète!

La littérature est une chose passionnante, qui permet de s'exprimer et de connaître les pensées de ceux qui ont écrit avant nous. J'ai toujours aimé les lettres, la lecture et l'écriture, la grammaire aussi. Mais j'ai longtemps été un élève sérieux et appliqué dans toutes les matières. Notre époque ne stigmatisait pas les bons élèves, au contraire! J'ai joué comme mes camarades, et ne m'isolait pas. Nous étudiions tous ensemble en classe les grands auteurs. C'est lorsque j'ai quitté le collège que je me suis mis à lire des livres que nos professeurs ne nous recommandaient pas.

Votre dernière question m'effraie beaucoup, vous n'êtes pas les premiers à me parler de cette satanée jambe droite... J'ai actuellement mal au genou, mais de là à penser qu'on va me couper la jambe... Je ne sais que vous répondre; oui je suppose que cela m'affaiblirait grandement!

Bien à vous,

Rimbaud

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