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Drecci Gislaadt, marquis de Villefrance-de-rouergue
écrit à

Arthur Rimbaud


Missive d'un poète amateur esseulé


    Cher Arthur,

Mon médecin préféré me parle sans arrêt de vous, surtout lorsque mon âme sombre quelque peu dans de sombres forêts et bois aux abois. Alors icelui me berce de vos vers et mots pour estourbir les maux qui taraudent, tels des fers et crocs, mes entrailles qui souffrent jusques aux dents des abysses de l’enfer. Mon meige me chatouille avec vos vers ornés de jardins et mânes, de bonheur et joliesse! Arthur, vous êtes un remède contre la dépression, au même titre que ma gentille et adora-a-a-a-ble voisine. Cette dernière, d’ailleurs, vous apprécie avec alliciance.

Sur ce, je vous laisse avec grand respect.

Recevez, monsieur Rimbaud, mes salutations respectueuses,

Marquis



Monsieur le marquis,

Je suis fort aise de savoir mes mots vainqueurs de vos maux, tout en étant bien marri de vous savoir en proie aux douleurs. Qui est donc cet homme de l’art si clairvoyant qui a compris que les souffrances du corps n’étaient que bagatelles face à l’esprit? Mon écriture est à votre disposition pour apaiser vos tortures.

Mes respects à votre voisine, que je n’ai pas l’heur de connaître, étant originaire, comme vous le savez sans doute, des marches du Nord. Puis-je me permettre un conseil? Si véritablement elle est adorable, adorez-la, et sortez de votre noirceur et de votre isolement.

Je reste, monsieur le marquis, votre dévoué dévoyé,

Rimbaud
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