Hugues T.
écrit à

   


Arthur Rimbaud

     
   

Merci!

    Cher Rimbaud (permettez que je vous appelle ainsi),

Il n'y a guère de requête, question ou autre demande dans ma missive, mais juste ça: «Merci»!

Je vous remercie de tout; vos poèmes, votre vie, votre inimitié envers l'Église (tout à fait justifiée! Elle qui ne supportait guère l'homosexualité... Mais je me souviens bien que, durant votre jeunesse, vous aviez remporté des prix de rédactions latines, grecques sur l'Église, tout en étant positif!...), votre ami Verlaine... Chaque jour à lire vos oeuvres, à en apprendre un peu plus sur votre vie, c'est comme filer dans un Paradis (qui n'est céans guère artificiel!)

Voilà, une missive juste pour vous louer... Vous êtes, avec Maupassant, Ovide, Épicure (ma philosophie de vie...) et d'autres... mon écrivain préféré! Le meilleur poète que je connaisse, c'est vous! S'il fallait que je jugeasse tous les auteurs que j'apprécie, sachez que je vous placerais en première position!

Je m'arrête, car je ne sais plus quoi dire... Je m'essouffle dans mes louanges.

Merci, mille fois merci, une infinité de mercis pour vous...

Je m'en dois, maintenant retourner à mes lectures: vos poèmes...

Amitiés,

Hugues

Cher Hugues,

Merci de vos louanges, quoiqu'elles me semblent un peu exagérées... «Le meilleur des poètes», rien que cela!

Quant à mon inimitié pour l'Église, ne vous méprenez pas: bien avant de rencontrer mon «ami Verlaine», cette institution m'exaspérait déjà par son hypocrisie. Ce ne sont pas ses
postures morales et ses jugements que j'incriminais. Je précise cela pour éviter tout contresens sur ce que j'ai pu écrire.


J'ai effectivement eu de la religion dans ma jeunesse, fait ma communion avec mon frère, remporté le premier prix d'instruction religieuse: que voulez-vous, on ne se révolte pas
contre les traditions à douze ans, et quand on est bon élève, on l'est partout!


Bien à vous,

Rimbaud