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          Dialogus

Raphaël
écrit à

Arthur Rimbaud


L'Immarcescible


   

Cher Monsieur,

Quel honneur pour moi, Monsieur Rimbaud, de pouvoir discuter avec un poète de votre envergure, car, aussi fugace que soit votre œuvre magistrale, ce que vous avez écrit n'est point insignifiant. Au contraire, vous avez, tel un météore, bouleversé l'univers de la poésie, à tel point que vous êtes devenu à notre époque un mythe immarcescible. Comme Hugo disait au légendaire Baudelaire (que j'admire tout autant que vous): «Vous avez introduit dans la littérature un frisson nouveau». Le temps a fait son œuvre et vous a enfin rendu justice!

À chaque fois que vous lis, je suis frappé par la hardiesse et l'intemporalité de vos vers. Ce que vous écrivez a le don de me rasséréner à chaque fois. Et, dusse ma crédibilité en souffrir, c'est grâce à vous que je me suis lancé dans la poésie. Oh, bien sûr, je n'ai pas la prétention d'avoir ne fut-ce qu'une parcelle de votre talent, mais quel mal y a-t-il à se prélasser dans une rivière de chimères? J'espère toutefois que j'arriverai un jour à créer quelque chose qui, à défaut d'atteindre votre génie, pourra permettre à mon âme de s'enorgueillir un peu.

Sur ce, il est temps pour moi de vous laisser. J'espère ne point vous avoir ulcéré avec mes calembredaines.

Bien à vous,

Raphaël


Cher Monsieur,

Je vous remercie de cette image du météore, qui me plaît assez. Je ne sais pas rester en place et l'idée d'avoir laissé un «frisson nouveau» qui me semble, rétrospectivement, légitimer la vie errante que j'ai choisie, m'apporte une forme de paix.

Je vous souhaite l'inspiration et vous assure bien que je ne suis point ulcéré, sinon par le soleil d'Afrique!

Bien à vous,

Rimbaud

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