Le ciel bleu
       

       
         
         

Valérie

      Cher Monsieur Rimbaud,

Je marchais calmement dans la pénombre de la petite et frêle rue qui mène à ma demeure, la tête basse et le coeur en bourrasque, jusqu'au moment où mes yeux tristes furent attirés vers le ciel si majestueux soit-il. Dans mes pensées des paroles qui ne se veulent point arrogantes ont posé près de mes lèvres la question suivante: pourquoi? pourquoi me suis-je dit à moi-même tandis que partout sur cette terre des millions de gens se posent cette même énigme pourquoi le ciel est-il bleu? J'aurais bien pu aller chercher plus loin comme est-ce qu'il y a dans notre esprit une parcelle de conscience qui nous pousse à appeler certains événements le destin ou encore simplement y a-t-il une solution à une solution elle-même. Mais à cet instant les seuls mots auxquels j'ai pu porter cette attention ce temps de ma vie étaient ceux-ci: pourquoi le ciel est-il bleu d'après vous cher Rimbaud? Est-ce la mer qui de son écume reflète sur cette couche qu'on appelle le ciel ou encore est-ce une couleur choisie un jour par un certain individu qui décida que l'expansion de cette étendue méritait d'avoir un grain de couleur??

Mes salutations,

d'une jeune fille cherchant question à ses réponses.... 

 

        
          

Arthur Rimbaud

      Chère Mademoiselle,

Le bleu du ciel n'a rien de mystérieux. C'est simplement ce qui résulte de la lumière blanche solaire traversant notre atmosphère chargée de poussières, de gouttelettes d'eau, de gaz, de diverses molécules et atomes. La lumière est composée de différentes couleurs (rouge / orange / jaune / vert / bleu / indigo / violet). Ce sont celles que vous pouvez admirer lors d'un arc-en-ciel, dont les gouttelettes d'eau ont la faculté de décomposer la lumière comme autant de prismes. Elle voyage sous forme d'ondes de différentes longueurs. Chaque couleur possède sa propre longueur d'onde et les molécules d'air ont la bonne dimension pour diffuser les plus courtes longueurs d'ondes de la lumière, soit le violet, l'indigo et le bleu.

Une banale explication scientifique, qui n'enlève cependant rien à la magie et à l'effet apaisant de ce bleu qui semble infini.

Bien à vous,

Rimbaud.