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Jennifer Anyoh
écrit à

Arthur Rimbaud


Des poèmes tristes


   

Cher monsieur Rimbaud,

J’aimerais en savoir un peu plus sur votre vie et vous poser quelques questions:
Avez-vous déjà cherché à retrouver votre père?
Pourquoi avoir abandonné la poésie pour vendre des armes?
Aimiez-vous votre vie de vendeur d’armes?
Qu’est-ce qui vous a inspiré lors de la rédaction du Dormeur du val?
Aimiez-vous votre vie de poète?
Pourquoi avoir arrêté d'écrire si jeune?
Pourquoi avoir écrit des poèmes si tristes?
Votre relation avec Verlaine vous a-t-elle inspiré pour des poèmes?
Après que Verlaine vous ait tiré dessus, l’aimiez-vous encore?
Aviez-vous des frères et sœurs?
Si oui, écrivaient-ils des poèmes aussi?
La drogue vous a-t-elle aidé à écrire des poèmes?

Merci d’avance.

                                               Jennifer Anyoh



Chère mademoiselle,

Je ne répondrai qu'à certaines de vos questions, la plupart m'ayant déjà été posées trop souvent.

Je n'ai pas cherché à retrouver mon père, pour la bonne raison que j'ai appris sa mort il y a déjà quelques années. Et puis les moyens dont nous disposons à mon époque ne permettent pas des recherches approfondies.

Ma vie de vendeur d'armes n'a pas duré très longtemps, et j'en ai aimé la partie aventureuse, lorsque les caravanes s'ébranlaient. La fin du voyage m'a toujours laissé un goût amer, davantage encore si des intérêts financiers sont en jeu. Mais j'ai profondément aimé ma vie de poète, sans doute pour la même part d'aventure qu'elle comportait. Je l'ai abandonnée quand je n'ai plus su goûter les voyages poétiques.

Je reconnais m'être inspiré de mon aventure avec Verlaine dans certains textes d'«Une Saison en enfer», que je vous laisse le soin de trouver. Leur écriture m'a d'ailleurs permis de surmonter la tristesse inhérente à notre séparation tonitruante. Je ne pense pas que tous mes poèmes soient tristes, mais peut-être n'en suis-je pas le meilleur juge.

Mes frères et sœurs n'ont pas écrit de poèmes, et je ne suis pas certain qu'ils me comprennent toujours...

Bien à vous,

Rimbaud
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