Anonyme
écrit à

   


Arthur Rimbaud

     
   

À ce que tu as refusé...

    Cher Arthur,

Comme tu l'as fait avec Théodore, je te dépose un poème écrit dans la déviance de mon passé incertains. Ne réagis pas comme il l'a fait avec toi s'il te plaît.
Merci d'avance,

Morgan


Histoire d'une passion légèrement stellaire...


Jamais mes vers n'atteindront ta puissance,
Tout ode n'est qu'un murmure de trop
Dans la paix infinie de ton silence,
Mes larmes portent le feu de ton eau.

J'attends les instants dans un vide si lourd,
Si inexistant qu'il me blesse, si lent
Qu'il m'éloigne d'innombrables bruits sourds,
Je suis seul, près du feu, et seul aimant.

Rêve d'absolu, bien souvent absout,
Ma certitude effleurée, aimée,
Par mon propre doute, grand bouleversé,
Assassinée, la beauté de ton Tout.

Je retrouve l'homme, passion de l'être,
Infiniment meurtrie par ce qu'il est.
Souverain de mes douleurs, je le sais...
Et je te retrouve, je te vois naître.

Les choses sont si simples, c'est un vent,
Qui m'emporte sans un mot, nous planons,
Dans l'humanité devient, soufflons
Un instant, dans le frisson qui nous prend.

L'ombre des maudits, je suis, enflammé
Par la même lumière, nature
Découverte, effrayante, si belle...
Arthur, demain, je t'ai seul retrouvé,
Pour que le vers se dévergonde en cure.
C'est si bas n'est ce pas ? Rejoins le ciel !

Lux naturae, Lux naturae !
Laisse moi connaître leur crasse, leurs vains vices !
Dans les flots du vin, ils nagent, moi au bord,
Cherchant l'Ultime, qui s'est en allé.
Mes mains sont lisses, sur l'ébène elles glissent,
Le comptoir m'appelait, il semblait d'or.

J'ai vu quelques fois ce que certains ont
« Crus voir »...Mon cul ! Tu n'as vu que tes rêves !
Qui a dit ça ? Qui a osé le dire ?
Affreux voyou, voyant, enfin ! Voyons...
Rien ne va plus, je propose une trêve,
Comment ? Tu préfères toujours en rire ?