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Alexandre D.
écrit à
Porthos
Porthos


Votre mariage


    Bonjour Monsieur Porthos,

Vous êtes sans conteste l'un de mes héros favoris. Depuis mon plus jeune âge, je voue un véritable culte aux trois mousquetaires qui n'étaient point trois mais quatre, vous allez me rétorquer, et cela est fort exact. Athos, d'Artagnan, Aramis et vous êtes bien quatre, comme les points cardinaux, et, par une suprême ironie du sort, vous déjouâtes les plans du Cardinal (De Richelieu). Un auteur a écrit et glorifié votre histoire et celle de vos amis, dans un roman intitulé «Les trois mousquetaires». L'écrivain s'appelait Alexandre Dumas et, ce que peu de gens savent, c'est qu'il vous a doté de sa personnalité, il s'était entièrement incarné en vous! Si seulement vous pouviez lire ce livre! En tout cas, grâce à lui, vous et vos trois amis êtes devenus immortels et connus universellement! M. Dumas a clos son ouvrage sur cet épilogue, il avait écrit que vous aviez rendu votre casaque des mousquetaires et que vous aviez épousé la veuve d'un procureur une certaine Mme Coquenard. Serait-ce vrai? Gardez-vous encore une certaine nostalgie des années passées à servir le Roi? Haïssiez-vous les huguenots ou bien leur croyance vous indifférait-elle? Le Roi était-il correct vis-à-vis de vous? Était-il affable? En tout cas, votre personne incarne l'honnêteté (vous êtes sans conteste le plus honnête des quatre), la droiture, la vaillance au feu, et la fidélité en amitié, quatre vertus qui méritent le respect!

Mille fois merci de prendre le temps de me répondre,

«Tous pour un, un pour tous».

Passez une agréable journée.

Alexandre D.

Alexandre,

Je vous remercie de votre missive si aimable! Je suis bien étonné que tant gens nous connaissent encore dans votre lointaine époque.

Aramis m'a parlé de ce Monsieur Dumas à qui nous devons notre  popularité, et Charles avec qui j'ai repris contact récemment, le capitaine d'Artagnan donc, s'amuse parfois à taquiner cette plume future: «En parlera-t-il compère Alexandre?» C'est ce qu'il dit chaque fois que nous faisons quelque chose d'inhabituel! Enfin, pour tout vous dire, je ne sais s'il me siérait de connaître son oeuvre. Tant de faits relatés par lui sont inexacts!

Je n'ai jamais épousé de Madame Coquenard, veuve de procureur! Mais pour ce qui est de la nostalgie, oui je le reconnais, je garde un certain regret des années passées chez les mousquetaires, de notre amitié, de la vie exaltante que nous menions du temps de notre jeunesse. Si seulement on pouvait avoir toujours vingt ans!

Servir le roi est un honneur et je le servirai toujours du mieux que je pourrai, puisque c'est le devoir d'un gentilhomme.

J'ai appris à être tolérant avec le temps et à ne pas  laisser la religion  me séparer des êtres que je respecte et que j'estime; et pour ce qui est de haïr les protestants, la question me semble bien saugrenue puisque... je suis moi-même protestant!

Le roi a toujours été correct avec moi et je n'ai pas à m'en plaindre, et même si cela était, il est et demeure le roi! Je pense être toujours resté honnête et fidèle à mes amis, et je défendrai toujours la cause des mousquetaires. Quand on a porté un jour la casaque, on la garde toujours sur son coeur.

Voilà, j'espère ne pas avoir été trop bavard, j'imagine déjà les moqueries de mes chers camarades inspirés par les confidences de ce brave Porthos!

Bien à vous, l'un des quatre points cardinaux,

Isaac de Portau

Porthos
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