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Alexandre
écrit à

Pocahontas


Ta vie d'Amérindienne


   

Chère Pocahontas,

Tout d'abord, j'espère que tu m'excuseras de te tutoyer d'emblée mais, de par ton destin formidable, je ne peux m'empêcher de me sentir proche de tes idées. De plus, nous avons à peu près le même âge puisque j'ai vingt et un ans.

J'aimerais pouvoir te poser quelques questions concernant ton passé d'Amérindienne: dans ta langue maternelle, que signifie ton prénom? Ton père, Powhatan, avait-il des projets de mariage pour toi avant que tu n'épouses John Rolfe? Est-ce que ta tribu s'apprêtait vraiment à exécuter John Smith ou était-ce seulement un rite d'acceptation?

Enfin, je me demande si, en Virginie, tu étais souvent en contact avec des animaux sauvages (cerfs, ratons-laveurs, etc.) et si les animaux européens t'ont impressionnée au début.

J'espère que tu me pardonneras l'apparence désinvolte de mon message. Toutefois, j'ai grandi avec un profond respect pour ta figure historique, d'où ma grande curiosité.

Ana,

Alexandre


Wingapô Alexandre,
 
Je vous remercie de l'attention que vous me portez à travers votre lettre. N'ayez crainte, votre tutoiement ne me dérange guère; pour ma part, j'emploierai le vouvoiement.

Je ne sais pas vraiment ce que vous entendez par destin formidable car je ne trouve pas qu'il le soit. J'essaie de véhiculer un message d'amour et de paix entre les hommes dans le monde. J'ai également un amour profond pour la nature; je suis heureuse que vous vous sentiez proche de mes idées. Je n'aime pas trop utiliser le mot «passé» concernant mes origines amérindiennes car, même si aujourd'hui, je ne suis plus sur mes terres natales, je ne renie pas mes origines. Ce n'est pas seulement un passé, c'est un présent et un futur également.

Pour en venir à mon prénom, lorsque je suis née, mes parents m'ont nommée Amonute. Pocahontas est un surnom qui m'a été donné enfant et qui signifie dans votre langue «petite fille espiègle».

Au sein de mon peuple, je suis la fille du grand chef. Nos traditions veulent que ce soit le père qui choisisse l'époux de ses filles; de ce fait, je fus unie à un guerrier de ma tribu vers l'année 1610.

Je ne sais pas ce que vous avez entendu au sujet de John Smith, il faudrait m'en dire davantage pour que je puisse vous renseigner sur nos rites. Ce qui est certain, c'est qu'il a été accueilli sur nos terres et que nous avons donné des fêtes en son honneur. Mais vous savez, Alexandre, je n'étais qu'une petite fille, et j'ai oublié des détails depuis.

En Virginie, je vivais en parfaite harmonie avec la nature, je parcourais nos terres sans cesse et bien évidemment, je rencontrais la faune sauvage. Je vous assure qu'il est préférable de se retrouver nez à nez avec un raton laveur plutôt qu'avec un ours! Les animaux européens sont très différents de ceux que je voyais en Virginie donc effectivement, j'ai été très surprise de découvrir certaines de vos espèces.
 
J'espère avoir répondu parfaitement à vos interrogations. Si, toutefois, vous aviez besoin d'autres précisions, je serais ravie de lire votre prochaine correspondance.
 
Cheskchamy!
 
Rebecca Rolfe, alias Pocahontas

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