Elodie
écrit à

   


Philippe d'Orlèans

     
   

Petites questions sur vos amis

    Monseigneur,

C'est avec un immense plaisir que je m'adresse à nouveau à vous aujourd'hui pour satisfaire ma curiosité. J'aurais souhaité en savoir plus sur votre ami le Chevalier de Lorraine, en particulier sur cet exil en 1670 à la requête de Madame votre épouse. Lors d'une précèdente missive, je vous en avais déja parlé, mais vous m'aviez répondu que vous n'aviez pas souvenir d'un exil demandé par Madame. Or, lorsqu'une de mes comtemporaines vous a demandé des information sur ledit Chevalier, vous avez mentionné cet exil, ce qui a éveillé ma curiosité. Si Votre Altesse pouvait encore une fois m'éclairer j'en serais très honorée.

J'aurais aussi voulu -sans vouloir abuser de votre patience ni de votre précieux temps- en savoir un peu plus sur le Comte de Guiche,fils de Monsieur de Gramont. Bien sûr, si ces questions vous embarrassent et que son Altesse ne souhaite pas y répondre, je comprendrais parfaitement.

Je vous remercie par avance et vous assure une nouvelle fois de ma profonde estime,

Élodie



Chère Elodie,

Je vous prie d'excuser mes propos si je me suis mal exprimé. Ce cher Chevalier de Lorraine a bien été exilé, mais pas à la demande de feue Madame. L'exil est ordonné au roi, c'est en celà que je voulais vous exposer la chose.

Voilà un sourire que vous me faites esquisser en évoquant Armand de Gramont, comte de Guiche. C'était un libertin, joli garçon. Il pouvait tout se permettre, je ne pouvais rien lui refuser. Je me rapelle d'un bal travesti, il y a de çà fort longtemps. Je faisais semblant de ne pas le reconnaître, et alors il se mit à me donner des coups de pieds au derrière... Je lui en ai beaucoup voulu de m'avoir trompé et qui plus est avec feue Madame.

J'espère vous avoir appris,

Monsieur, Philippe duc d'Orléans.



Monsieur,

Je vous remercie à nouveau de votre réponse si rapide et si enrichissante. Je m'excuse aussi, pour l'explication sur l'exil du Chevalier de Lorraine, d'avoir mal interprété vos propos.

Je vous remercie aussi de m'avoir éclairée sur le comte de Guiche mais une autre question me tenaille: vous savez qu'il vous a trompé et de plus avec votre épouse, mais comment l'avez-vous appris? Est-ce les dires de la cour, votre épouse ou lui-même qui vous l'ont révélé? Je conçois que cette question soit personnelle et puisse être embarrassante, mais je vous en serais très reconnaissante si vous pouviez me donner réponse.

Bien à vous.

Élodie



Chère Elodie,

La Cour est le paradis des langues déliées... tout se dit, tout se sait tout se murmure... je l'ai appris de toutes les manières qui soient.

Je vous salue,

Monsieur, Philippe duc d'Orléans.