Cathialine
écrit à

   


Philippe d'Orléans

     
   

Monsieur...

    Monseigneur,

Je m’appelle Cathialine et depuis toute petite je vous admire beaucoup. C’est anormal, de nos jours, de voir une jeune femme qui s’intéresse plus à votre histoire qu’aux occupations normales...
Je voudrais vous poser tout d’abord quelques questions anecdotiques: vous disputiez-vous souvent avec votre frère? Avez-vous vraiment eu une liaison avec un des frères de Marie Mancini? Décrivez-moi Philippe de Lorraine. Qu’aimiez-vous faire à la cour? Êtes-vous toujours ami avec madame de Montespan?

J’attends de vous lire, bien que vous ne soyez point obligé de répondre à mes questions.

Votre humble servante,

Cathialine

Chère Cathialine,

C'est toujours avec plaisir que je réponds aux lettres qui me sont adressées. Sinon pourquoi aurai-je accepté de participer à cette grande aventure de Dialogus?

C'est un fort joli compliment que vous m'adressez en début de lettre. Je ne savais point pouvoir déclencher un tel intérêt mais vous m'en voyez comblé.

Sa Majesté Mon Frère et moi-même nous querellions souvent étant enfants, comme tous frères je présume. Mais cela n'a jamais altéré l'affection que je lui ai toujours portée.

Mes amours sont des questions qui intéressent fort votre siècle... Est-ce si inhabituel que cela à votre époque? Bien que le «vice italien» soit raillé, croyez bien qu'ici il est toléré... J'appréciais fort la compagnie du frère de Marie Mancini mais cela s'arrête là. Je ressentais en revanche un attachement certain pour Philippe de Lorraine. Comme moi il aimait les plaisirs de la Cour.

Il était fort impétueux et vif d'esprit mais tout aussi aimant. Il était, ma foi, grand et viril, plus que ma personne. Ses cheveux bruns et bouclés, ses yeux d'une clarté à faire pâlir.


Le Cour me divertit en tout.. Par les personnes que l'on y côtoie, les jeux que l'on y joue, les balades qu'on y fait.... J'aimais fort la vie à la Cour quand nous nous sommes installés à Versailles, tout était si grandiose. Notre cour est malheureusement vieillissante mais je me plais à repenser à cette époque.

J'ai encore quelques contacts avec Athénaïs de Montespan... moins depuis son exil de la Cour. J'ai toujours eu pour elle une profonde affection.

J'espère, par ces quelques lignes, vous avoir satisfaite.

Au plaisir.

Monsieur, Philippe duc d'Orléans.