Karine
écrit à

   


Philippe d'Orléans

     
   

Molière

   

Monseigneur,

Tout d'abord, je voulais vous dire que je ressens pour vous la plus vive sympathie. Étant férue d'Histoire depuis l'âge de treize ans (j'en ai à présent vingt-sept), j'éprouve une passion pour la période
du règne de votre frère; je me suis donc intéressée à sa famille et à vous plus particulièrement. Votre personnalité est vraiment fascinante, et je trouve déplorable qu'il n'existe pas plus de livres sur vous.

Je me permets de vous écrire pour vous poser une question qui pourrait vous sembler bien singulière. J'aimerais savoir comment s'est passé votre rencontre avec Monsieur Molière. Qu'est-ce qui vous a fait le prendre sous votre protection?

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire et espère ne pas vous paraître trop irrespectueuse.

Je suis, de Votre Altesse Royale, la plus humble servante.

Karine


Chère Karine,

La sympathie que vos contemporains et vous-même me portez me procure une immense satisfaction. J'ai ouï dire par quelqu'un de votre siècle que des livres, contrairement à ce que vous déplorez, existent sur ma personne. Le récit de ma vie est-il seulement digne d'un intérêt si grand? Ma foi, je suis heureux qu'on le pense.

Monsieur de Molière est homme admirable. J'affectionne depuis mon jeune âge le théâtre. Son sens de la comédie m'a de suite séduit et la manière dont il croquait les travers de quiconque était exquise. Je devins donc son protecteur à lui et son illustre troupe. Je l'ai, de fait, présenté à Sa Majesté Mon Frère qui partagea mon sentiment.

J'espère, Madame, avoir répondu à vos attentes.

Monsieur, Philippe duc d'Orléans


Monseigneur,

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me répondre, et vous avez effectivement bien répondu à mes attentes.

Je voudrais cependant éclaircir un point, il me semble m'être mal exprimé dans ma première lettre, je ne voulais pas dire qu'il n'y avais pas de livres sur vous, mais je voulais dire qu'il n'y en avait pas beaucoup, et c'est cela que je déplorais.

Je vous remercie encore de m'avoir accordé une partie de votre précieux temps,

Je vous prie de croire que je reste, de Votre Altesse Royale, la plus humble servante.

Karine

Chère Karine,
 
Il est vrai que certains diront que ma vie ne fut pas exceptionnelle au point de la coucher sur papier, d'autres diront que j'ai contribué à l'éclat de ce magnifique Versailles d'autrefois.

Je suis, ma foi, là  pour combler les lacunes littéraires, n'est-il pas?
 
C'est toujours avec un immense plaisir que je discute avec les gens de votre siècle, aussi n'hésitez pas à me questionner comme bon vous semble.
 
Monsieur, Philippe Duc d'Orléans