Steph
écrit à

   


Philippe d'Orléans

     
   

Lully

    Je vous salue, monsieur,

Je passerais les mots courtois -bien qu'ils soient sincères- sur votre personne qui me fascine et dont j'aimerais connaître bien plus. Ma lettre n'a pas pour but de vous flatter mais de vous poser une question qui me trotte dans la tête et à laquelle vous pourrez seul me répondre.

Vous êtes certes réputé pour avoir eu de nombreux amants dont les noms sont plus ou moins connus, mais il en est un dont j'aimerais savoir ce que vous pensez et s'il a effectivement été aussi l'un de vos amants. Il s'agit du grand compositeur de la Cour, Jean-Baptiste Lully. Étant connu lui aussi comme étant un adepte de ce qu'on appelle le «vice italien» j'aurais voulu en savoir plus sur une éventuelle relation entre vous.

Avec tous mes respects,

Steph.

Chère Stéph,

Ainsi donc, si deux hommes aimant les hommes se côtoient, ils doivent devenir en tout état de cause des amants? Ne trouvez-vous point cela fort réducteur? Voilà qui me prête à sourire!

Je n'ignore rien des penchants de monsieur Lully et je l'apprécie en tant qu'homme et en tant qu'artiste mais au risque de vous décevoir, nous n'avons entretenu aucune relation et n'avons point péché ensemble.

Je vous salue.

Monsieur, Philippe Duc d'Orléans