Amandine G.
écrit à

   


Philippe d'Orléans

     
   

De l'exclusivité de vos amours

    Monsieur,

Je reprends notre (courte) correspondance pour vous exposer une de mes nombreuses interrogations à votre sujet, ou plus exactement, au sujet de vos mignons.

En effet, je me demandais si, ayant plusieurs d'entre eux gravitant autour de vous, vous n'entretenez qu'avec un seul une relation plus tendre, ou bien si, au contraire, vous offrez cette intimité à chacun d'entre eux. Ou presque.

Quelle que soit la réponse, ces faveurs-là n'attisaient-elles pas la jalousie mutuelle de vos mignons? Ou vivaient-ils en bonne intelligence malgré tout?

Assurez-vous bien que je ne porte aucun jugement d'aucune sorte sur vos moeurs ou votre mode de vie, et ma seule curiosité m'a poussée à vous entretenir de cela.

Avec tout mon respect,

Amandine G.

Chère Amandine,

Vous me posez là une question sur laquelle je ne me suis jamais réellement penché.

Il est vrai que j'avais toujours autour de moi, étant plus jeune, quelques mignons mais loin de moi l'idée qu'il ait pu y avoir une quelconque jalousie entre eux. Nous errions en toute légèreté, au gré de nos envies les plus folles. J'étais fort entouré mais je pouvais être seul aussi tantôt. J'ai aimé passionnément certains d'entre eux dont il est fort inutile, je pense, de vous préciser l'identité, mais jamais il n'y a eu quelconque reproche quant à mes extravagances! Chacun savait à quoi s'en tenir.

J'espère avoir ici, mademoiselle, satisfait à votre demande.

Monsieur, Philippe duc d'Orléans.