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Rose
écrit à

Jackie Onassis


Votre vie


   

Chère Jackie Kennedy,

Je me présente: je m’appelle Rose, je suis en Quatrième au collège Sainte-Marie à Beaucamps-Ligny, dans le Nord de la France. J’ai choisi de vous écrire cette lettre dans le cadre d’un projet de Français car je m’intéresse beaucoup à vous.     

J’ai déjà vu plusieurs reportages qui parlaient de votre vie mais aujourd’hui j’aimerais en savoir davantage. Sachez que je vous trouve très belle et vous avez l’air d’être quelqu’un d’intéressant. C’est pourquoi je souhaite vous poser quelques questions:
J’aimerais beaucoup savoir à quoi ressemble la Maison Blanche. C’est un endroit qui doit être impressionnant à découvrir et agréable à vivre.
Après la mort de JFK, vous avez dû habiter ailleurs et changer votre vie. Cela a dû être difficile pour vous.
Comment avez-vous rencontré Aristote Onassis?
Vous avez connu la deuxième guerre mondiale. Cet évènement devait être dur à vivre, surtout à votre âge.
Aujourd’hui, le président des États-Unis est noir. C’est une chose qu’on ne pouvait pas envisager avant. Quel est votre avis sur le sujet?
               

Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie, Madame, de croire en mon admiration et en l’expression de mes sentiments distingués,

Rose


Chère Rose,


Je vous remercie pour vos nombreux compliments qui me touchent beaucoup. Je ne doute pas que vous devez vous aussi être une personne agréable et intéressante à rencontrer.

Comme vous le disiez justement, la Maison-Blanche est un endroit très agréable à vivre. Lorsque nous y sommes arrivés avec Jack, je craignais de ne plus jamais voir mon mari. Mais au contraire, après toutes les années de «nomadisme» que nous avions vécues où effectivement Jack-le-tourbillon était souvent absent, la Maison-Blanche m’a permis d’être plus proche que jamais de mon époux. Comme vous le pensez, la tâche a été rude car le plus important était la restauration de la Maison-Blanche, qui en avait grandement besoin après les heures bourgeoises d’Eisenhower! Je voulais redonner au peuple Américain une demeure symbole d’Histoire et d’exception. Nous avions des appartements privés et je ne pus jamais considérer la Maison-Blanche comme un foyer à part entière, ce n’était qu’un lieu de passage… Moment à part dans une vie. Pour découvrir cette maison, je vous enjoins de vous reporter à l’interview que j’ai donnée pour CBS le 14 Février 1962. Il s’agit d’une visite guidée de la Maison-Blanche. Je pense sincèrement que cela pourrait vous intéresser.

Je crois que le 22 Novembre résonnera toujours en moi d’une manière particulière et le changement dont vous parlez à été terrible! Ari a fait partie des personnes qui m’ont soutenues durant ces années et heures terribles! nous nous sommes rencontrés dans les années 50, je pense vers 58… Nous avions été invités avec Jack à rencontrer Winston Churchill sur le Christina, mais j’ai appris à connaitre Ari lors de l’été 63, où il m’a accueillie pour une croisière. Je venais de perdre Patrick et devais à tout prix changer d’air et quitter la pression liée à ma fonction sous peine de devenir neurasthénique. Ari a été un hôte merveilleux et charmant, plein d’intelligence!

Vous savez, Rose, en Amérique nous étions très protégés durant la Guerre. J’ai contribué à l’effort de guerre à la manière d’une jeune fille de ma condition -selon Maman- ce qui consistait à cuisiner, répondre au téléphone et entretenir le jardin. Cela ne m’empêchait pas de suivre les actualités et de me documenter sur tous les grands acteurs de cette guerre. J’ai beaucoup lu sur l’histoire du Japon et de l’Allemagne. Je trouvais inadmissible la confusion entre Allemands et nazis. Ainsi je me forgeais mes propres opinions.

Par contre, la mort de Roosevelt en 45 m’a bouleversée. Je pensais que nous avions perdu un de nos meilleurs dirigeants, j’éprouvais de l’incertitude quant à notre nouveau Président et à l’avenir américain.

Pardonnez-moi, Rose, mais je ne comprends pas: nous sommes en Novembre 1993 et notre président est ce cher Bill Clinton que j’apprécie particulièrement! Effectivement, un président noir à la tête du pays, cela parait extraordinaire! Les mots de Martin Luther King «I have a dream» prendraient ainsi tout leurs sens. Ce serait merveilleux de pouvoir assister à cela!


Bien à vous,

J.

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