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Amélie
écrit à

Jackie Onassis


Jalouse de Marilyn?


   

Bonjour chère Madame Onassis,

Tout d'abord, je tenais à vous dire que je vous admire pour votre caractère et votre beauté. Vous incarnez l'icône de la femme et de l'épouse fidèle, dévouée, mais pourtant libre et heureuse.

Vous avez appris bien sûr la liaison de votre époux et de la belle actrice Marilyn Monroe. Que pensez-vous de cette histoire? Faut-il croire ces rumeurs? Pouvez-vous avoir toujours confiance en votre mari et en ses sentiments? Je vous remercie chaleureusement pour votre réponse.

Veuillez recevoir, Madame, l'expression de mes sentiments respectueux,

Amélie


Amélie,

Tout d’abord, vos compliments me vont droit au cœur. Force est de reconnaître que des commentaires aussi positifs flattent toujours l’ego... à bon escient!

Concernant la liaison extraconjugale de Jack et de Marilyn, ce n’est pas forcément une partie du passé dont j’ai envie de parler, mais vu l’air du temps et des inepties relevées dans les journaux concernant mon mari, je pense que j’ai un certain droit de réponse et de rétablir la vérité aux personnes vraiment désireuses et respectueuses de nos véritables personnalités. Cela dit, je m’égare un peu. Pour être honnête, je vais vous faire une réponse similaire à deux autres personnes qui m’ont demandé des éclaircissements concernant Jack et Marilyn; je n’aime pas raconter sans cesse la même histoire et me perdre dans des détails secondaires, mais je préfère me tenir à une vision nette et précise.

Ainsi comme je l’écrivis, à vrai dire, je viens d’un milieu assez élitiste et dans les codes moraux de la haute société, il est normal que l’homme ait des maîtresses durant sa vie. J’ai grandi entourée d’hommes qui troussaient les jupons, à commencer par mon propre père. Quand j’ai épousé John, je savais qu’il y aurait cela aussi, mais je crois que je ne pensais pas que ce serait autant et autant. Ce qui me paraissait acceptable, puisqu’hérité de mon éducation, est devenu ma croix. Marilyn n’était qu’une maîtresse de John et la seule spécificité qu’elle avait était d’être célèbre. Vous savez, je suis «exquise» jusqu’à un certain niveau et plus jeune j’étais très intransigeante.

Avec moi Marilyn était tombée sur un os. Lorsque j’ai su qu’elle serait invitée au Madison Square Garden, j’ai fait savoir que je ne serais pas présente à cette soirée et je suis donc partie le week-end en Virginie avec mes deux enfants. Le temps adoucit les choses, mais je pense que cette liaison avec Marilyn m’a vraiment mise à rude épreuve. À sa mort, j’ai eu vraiment besoin de changer d’air, je suis partie en Italie avec Lee et Stas. C’était plus que je ne pouvais en supporter.

Oui, la rumeur concernant la brève liaison de Jack et de Marilyn est vraie, mais là où mon orgueil de femme et d’épouse blessée devient intransigeant, c’est dans le fait de traîner sans cesse mon époux dans la boue. Personne n’ignore ses problèmes d’ordre sexuel aggravés par sa maladie, mais je ne tolère plus que l’on assimile John à une personne libidineuse à souhait et préoccupée seulement par son plaisir personnel. C’était un être exceptionnel, un père formidable; je l’aimais comme je n’ai jamais plus aimé. C’était quelqu’un qui avait été si blessé en fin de compte... il est si fragile et si fatigué... Oui, il était froid; non, il ne savait pas montrer ses sentiments; mais quand il faisait un pas vers moi, il me touchait tellement que malgré les griefs que je pouvais avoir contre lui, je ne lui résistais pas.

Je lui ai toujours fait confiance, car j‘ai toujours su quelles étaient ses priorités, je savais qu’il m’estimait et m’aimait à sa manière. Il ne m’aurait jamais laissée pour aller avec une autre femme. Il aurait dit que c’était par calcul politique ou une autre de ses formules si froides mais qui, dans son cœur, sans le savoir réellement, signifiait pour lui qu'il m’aimait. J’ai été si heureuse que la naissance des enfants puisse lui permettre d’être un père aimant et attentionné, lui fasse toucher du bout des doigts qu’il était un être fait non seulement de chair mais aussi de sentiments! Et qu'il ait pu leur montrer tout cela. Moi aussi il me le montrait dans les derniers temps, les derniers temps...

Très chère Amélie, merci de votre lettre, car grâce à vous à la fin de cette lettre, j’ai retrouvé quelque  chose de ma jeunesse, quelque chose de touchant comme un amour naissant. Oh, mon cher John, je crois que je l’aimerai toute ma vie.

Bien à vous!

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