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          Dialogus

Nolwenn
écrit à

Jackie Onassis


Chevaux


   

11 février 2015

Chère Jacqueline ,

Je ne vais pas vous mentir: il y a quelque temps, je ne vous connaissais pas, ou très peu. Votre nom était pour moi associé aux États-Unis et à votre défunt époux, Monsieur Kennedy. Quand je suis tombée sur vos lettres dans Dialogus, j'ai été très intriguée. À travers vos missives, j'ai senti une femme forte et au passé difficile mais d'une fragilité évidente.

Après avoir lu votre correspondance j'ai approfondi mes recherches, ce qui m'a permis de mettre un visage sur votre nom et j'ai découvert votre histoire. Ainsi, j'ai quelques questions. Si mes paroles vous paraissent blessantes,  je m'en excuse vivement, car ce n'est pas là mon intention. Vous êtes-vous remariée par amour ou bien par nécessité et pour que vos enfants aient un père? Quel niveau d'équitation avez-vous? Quels sont les chevaux que vous préférez? Quel est votre record en sauts d'obstacles? Quelle est votre race équine préférée?
   
Je vous remercie d'avoir consacré du temps à la lecture de ma lettre et je serais heureuse d'avoir une réponse.

Cordialement,

Nolwenn

P.S.: j'ai adoré votre phrase «Marilyn était comme un cheval incontrôlable, le rôle du cavalier était de le faire plier. Je suis bonne cavalière.»


Chère Nolwenn,

Je suis toujours très heureuse lorsque je reçois des lettres et très amusée de lire vos questions!

Il est vrai que lors de mon remariage avec Ari en 1968, les critiques ont été d’une violence inouïe, tant et si bien que, des décennies après les faits, les gens se posent encore des questions sur les tenants et aboutissants de ce mariage! La vérité est qu’Ari a été un homme très bon et généreux envers moi. Il m’a sauvée à un moment où mon existence s’enfonçait dans les ténèbres. Il représentait beaucoup pour moi. Il m’a introduite dans un monde où l’on peut trouver à la fois le bonheur et l’amour. Nous avons vécu nombre d’expériences merveilleuses ensemble et pour lesquelles je lui serai éternellement reconnaissante. Lorsque j’ai perdu Patrick  en 1963, il m’a invitée en croisière pendant plusieurs semaines à bord du Christina afin de soigner mon chagrin. il a été un hôte formidable! Nous conversions durant des heures sur les mythes antiques grecs et il me récitait des passages originaux de l’«Odyssée». Pendant les heures sombres des funérailles de Jack, il a été présent aussi. Il a été d’une tendresse et patience infinie envers mes enfants et cela m’a conquise davantage.

Je suis passionnée par l'équitation depuis toujours. Maman était une cavalière émérite et, dès que j'ai été en âge de marcher, elle m'a appris à tenir une monture. À six ans j'avais déjà appris l'art du dressage! Lorsque nous étions à la Maison-Blanche, le président pakistanais Mohammad Ayub Kahn m'a offert une magnifique pur-sang, Sardar. Je les affectionne particulièrement. Adolescente, je montais pendant des heures Danseuse, un cheval de maman qu'elle m'avait cédé, ainsi que Sagebrush. J'ai monté de nombreux chevaux, mais les deux que je viens d'évoquer ont vraiment une place particulière dans mon cœur.

Je pratique la chasse à courre au sein du  Piemont Foxhounds et du Orange Cunty Hunt en Virginie où je possède une écurie et un paddock. Observer les cavaliers et les chevaux se mouvoir ensemble dans l'exquise campagne permet de mieux comprendre la responsabilité qui est la nôtre pour  préserver la splendeur toute simple d'une Amérique en train de disparaître. Comme l'a écrit Mason Houghland, spécialiste de l'équitation, «C'est une religion, une croyance qui porte en elle à la fois la tentative d'échapper à la vie réelle pour embrasser celle dont on rêve et l'amour inconditionnel de la beauté, la recherche inconsciente du fair-play, la loyauté et de l'osmose empathique, qui manquent si souvent dans nos existences.»

Bien à vous,

J

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