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          Dialogus

Salomé
écrit à

Jackie Onassis


Beauté


   

Chère Jackie Kennedy,

Je ne connais pas vraiment votre vie ni votre histoire, mais cela m'intéresse vraiment. Je vous admire. Vous incarnez la beauté et l'élégance de votre pays. Je vois en vous la liberté.

Je souhaiterais quand même vous poser quelques questions si cela ne vous dérange pas :
- Qu'est-ce que cela fait d'être médiatisée?
- De ne pas avoir de vie privée?
- Que ressentiez-vous quand vous étiez auprès du président lors de ses apparitions publiques? C'était quand même l'homme le moins accessible du monde!
- Pourquoi avez-vous une aussi longue correspondance, gardée secrète et révélée il n'y a pas longtemps dans la presse, avec votre prêtre?
- Pensez-vous que John Kennedy était vraiment l'homme de votre vie?

J'ai décidé de vous écrire une lettre parce que'il y a une série télé qui retrace votre histoire et qui m'a beaucoup passionnée; et puis j'aimerais savoir si cela dit vrai. Je souhaiterais que vous me donniez des titres de livres qui soient fidèles à votre histoire. Je me demande comment et où vous avez trouvé une vraie inspiration pour créer le style Kennedy. Vous avez créé votre style.

J'espère que vous avez des réponses à mes questions. Si je vous ai offensée, je m'en excuse d'avance. Comment vous dire que j'adorerais avoir vos réponses et continuer à pouvoir échanger avec vous? Cela me choque, mais me fait plaisir de pouvoir échanger avec la Première dame des États-Unis. Je pense vous avoir demandé tout ce que je souhaitais savoir sur vous. J'espère vraiment en savoir davantage sur vous. J'espère que ma curiosité ne vous a pas trop dérangée?


Salomé


Chére Salomé,

Votre lettre m’a beaucoup, beaucoup touchée; je suis incroyablement surprise qu’une femme de mon âge puisse intéresser une jeune personne. Vous avez des questions précises auxquelles je vais essayer de répondre.

La médiatisation est une chose particulièrement intrusive et horrible dans une vie, car on ne peut avoir la tranquillité de l’anonymat et le plaisir d’être un être parmi d’autres.

Vous avez dû certainement entendre parler du procès que j’ai intenté dans les années 70 contre le paparazzi Ron Galella; il synthétise tout ce que je déteste dans cette intrusion permanente et obsessionnelle des médias dans votre vie! Bien que je reconnaisse une certaine qualité esthétique dans les clichés qu’il a pu prendre de moi, notamment celui de 1971 lors de mon jogging à Central Park. Néanmoins, que l’on me photographie,soit, mais lorsqu'on attaque la vie intime de mes enfants, et ce d’autant plus qu’ils sont jeunes, cela me met hors de moi! Déjà avec John nous avions des différends au sujet de la médiatisation des enfants à la Maison-Blanche.

Concernant vos questions au sujet de Jack, il est vrai que j’éprouvais une fierté immense d’accompagner mon mari lors de réceptions ou événements mondains. Lorsque je prenais conscience par instants qu’il était l’homme le plus puissant du monde, il en devenait presque irréel, tellement cette notion me dépassait. Néanmoins, il est faux de croire qu’il en était moins accessible; au contraire, cette présidence nous a soudés comme jamais, nous avons dû donner le meilleur de nous-mêmes au service de notre pays ! Et nous montrer digne de cette tâche! Nous sommes entrés à la Maison-Blanche avec le ferme désir de créer une ambiance familiale et décontractée comme nous en avions l’habitude, et de perturber nos enfants le moins possible afin qu’ils aient la vie la plus paisible et normale possible, si tant est que le normal puisse exister pour eux!

John était et restera l’homme de ma vie, indéniablement.

Il y a pourtant deux choses qui me déconcertent dans votre missive. Ce que vous écrivez concernant Joseph Leonard... il est strictement impossible que vous puissiez être au courant de cette correspondance! C’est un ami de longue date et je tairai bien évidemment nos discussions. Quant à ce que vous écriviez concernant les livres et les séries sur ma personne, sachez que j’ai la plus grande méfiance et le plus grand mépris pour cette publicité faite malgré moi!

Mais, par amitié pour Edward Klein, un journaliste avec qui j’ai été amenée à travailler, je vous renverrai simplement à son article de Vanity Fair me concernant. Il date de 1989.

Ma lettre touche à sa fin et je souhaite avoir pu répondre à vos questions: n’hésitez pas si vous avez d’autres sujets de conversation: cela me ferait vraiment très plaisir!

Bien à vous,

J.

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