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Anaïs
écrit à

Marie-Louise O'Murphy


Généalogie


   

Madame,

Je connais fort bien votre histoire, qui ne s'est pas arrêtée à la chambre de Louis XV. Beaucoup ne vous connaissent que sous le nom de «la belle Morphise» mais je sais que vous avez eu une vie bien agitée et bien remplie après votre passage à Versailles.

Je souhaiterais vous entretenir au sujet de votre famille, ayant entrepris votre généalogie. Vos parents auraient eu douze enfants mais je n'en ai recensé que sept: vous et vos sœurs Marguerite-Louise, Brigitte, Madeleine et Victoire. J'ai également trace de deux frères: Jean-François (né en 1719) et Michel-Augustin (né en 1730). Que pouvez-vous me dire sur vos deux frères, au sujet desquels je ne sais rien d'autre? Pourriez-vous me donner l'identité des cinq autres enfants nés de vos parents?

Pourriez-vous me parler de vos petits-fils, Alphonse-Louis et Alexandre Pelet de Beaufranchet d'Ayat?


Je guette votre réponse avec impatience et, en l'attendant, je vous envoie mes respectueuses salutations,

Anaïs


Chère Anaïs,


Tout d'abord permettez-moi de vous remercier de votre missive qui me tient à cœur et qui est d'ailleurs la première arrivée sur Dialogus. Excusez-moi du retard que j'ai pris pour vous répondre. En effet, ces derniers jours, ma santé était des plus précaires...
 
Je n'ai hélas pas connu mes frères et sœurs morts en bas âge, étant moi-même cadette d'une famille nombreuse. À notre époque, il n'est pas rare que les enfants meurent très jeunes à cause de leur fragile condition. Aussi, les baptise-t-on à leur naissance, pour qu'ils aient droit à la vie éternelle après leur mort.

Vous serez étonnée de savoir que je n'ai pas beaucoup connu mes deux frères, notamment Jean-François, avec qui je n'ai jamais été proche, en raison du nombre d'années qui nous séparent. J'ai connu vaguement Michel-Augustin dans mon enfance mais il a disparu très vite de mon entourage avant que je n'aie mes douze ans. Donc, je ne peux pas vous en dire plus sur lui.

J'ai plus grandi au milieu de mes sœurs. En effet, c'est moi qui les aidais pour les petites corvées là où elles vivaient ou travaillaient car j'étais beaucoup trop jeune pour suivre leurs traces.

Vous ravivez de douloureux souvenirs en évoquant le nom d'Alexandre, mon petit-fils, qui était un jeune homme mais qui est tombé en Espagne en 1809. Quant à mon autre petit-fils, Alphonse-Louis, je l'ai vu pour la dernière fois l'année dernière, lors des obsèques de mon fils unique Louis-Charles, qui est aussi son père et je puis vous dire qu'il se portait bien.

Vous me voyez très peinée et désolée de ne pas avoir répondu à toutes ces questions pour lesquelles vous attendiez une réponse avec impatience mais je vous remercie d'avoir pris de mes nouvelles.


Recevez mes plus chaleureuses salutations,

Marie-Louise Morfy

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