Lettre d'acceptation
de Marie-Louise O'Murphy
à l'Éditeur

 

À Sinclair Dumontais,

Paris, décembre 1813

Monsieur Dumontais,

L'hiver bat son plein dans la capitale et mon âge avancé m'oblige à m'aliter. Ma santé s'altère de jour en jour et je viens de modifier pour la dernière fois mon testament que j'avais commencé de rédiger voilà des années. Je suis encore affligée par la mort des miens, survenue au commencement de cette décennie et c'est en espérant y trouver une consolation que je vais m'installer chez ma fille qui demeure rue Laffitte. Mais comme Dieu est maître de notre destinée, j'essaie de m'accoutumer à cette vie nouvelle.

Cependant, voilà que parmi les milliers de missives de mes anciens admirateurs et amis, je retrouve votre courrier qui m'invite à correspondre avec les personnes de votre siècle par un biais très moderne qui vous est propre. Vous me voyez enchantée de vous rendre ce service et j'espère remplir cette nouvelle charge, qui va désormais occuper une grande partie de mon temps, avec perfection, si bien sûr ma santé me le permet.

Permettez-moi de finir en vous adressant mes plus humbles hommages.

Votre dévouée,

Marie-Louise Morfy