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Ignacio Garcia
écrit à

Maréchal Joachim Murat


Pas très tendre avec le peuple espagnol


    Mon maréchal,

Bien que j'aie supporté les idées libératrices de la Révolution française, je déplore tout de même votre attitude et celle de vos soldats lors de l'occupation de l'Espagne par l'armée française.

Permettez-moi de vous mentionner les pires exactions commises par les Mamelouks: on parle du pillage des villages, des incendies et viols commis. Je m'indigne de cette barbarie, ce qui a poussé le peuple espagnol à demeurer fidèle à l'Église et à combattre l'étranger français, manifestement par la guérilla, vous en savez quelque chose. Cette occupation aura finalement sonné le glas de la prépondérance et du mythe de l'invincibilité de Napoléon. Pire, elle aura permis à la canaille Wellington et la perfide Albion de restaurer l'absurdité de la monarchie décadente de Ferdinand VII.

Cependant, j'ai quand même le plus grand respect pour vous, mon maréchal qui venez comme moi  d'un milieu modeste et avez gravi les échelons, non pas grâce à votre classe sociale, mais par vos qualités en tant que brave, courageux et habile commandant, quoique un peu écervelé.

Saluez l'Empereur et combattez l'Anglais!

Ignacio

Madrid, 1806

Monsieur,

J'ai agi en Espagne comme tout chef de guerre digne de ce nom le devait. Dois-je vous rappeler que les sujets de Charles IV ont attaqué mes hommes sans raison? Ils ont égorgé de malheureux soldats, pour rien! Je ne pouvais laisser ainsi bafouer l'honneur de mes hommes et le mien.

J'ai appliqué la loi du talion, en répondant justement aux attaques de cette vile canaille!

Mon beau-frère avait eu la maladresse d'envoyer des escadrons de Mamelouks pour combattre les insurgés; c'est une maladresse dans la mesure ou les Espagnols avaient jadis souffert de la prédominance mauresque et les plaies n'étaient pas cicatrisées. C'est entre autre pour cela que l'on a accusé les Mamelouks d'être des sauvages, c'est un mensonge éhonté qu'avait proféré le clergé espagnol!

Si Napoléon 1er, m'avait nommé roi d'Espagne comme je l'espérais, j'aurais sans nul doute réussi là où Joseph a échoué, puisque ce dernier n'avait aucune connaissance dans l'art de la guerre, et pourtant c'est une qualité essentielle pour un souverain!

Je ne puis, ni saluer l'Empereur, ni même combattre les Anglais, puisque je suis emprisonné et attends mon exécution...

Vae victis: malheur aux vaincus...

Joachim-Napoléon 1er, Roi déchu de Naples et des Deux-Siciles
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