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Sylvie
écrit à

Maréchal Joachim Murat


J'aurais bien aimé servir dans la Grande armée


    Monsieur le maréchal,

J'aurais bien aimé servir au sein de la Grande armée sous vos ordres, non pas en tant que cantinière, ni lavandière, mais en soldate. J'ai toujours éprouvé une grande admiration pour notre Napoléon et cela m'aurait plu de servir et de présenter les armes à notre empereur.

J'ignore s'il existait des femmes soldats, mais je pense que s'il devait y en avoir au sein de la Grande armée, elles ne devaient pas être légion! Qu'en pensez-vous?

J'ai l'esprit d'une combattante et d'une guerrière. Je sais monter à cheval.

Cordialement,

Sylvie

Bonsoir madame,
 
Mais j'aurais accepté votre demande avec un grand plaisir, si je n'étais pas captif et promis à la mort dans la vieille forteresse de Pizzo. Et je vous aurais mis en valeur devant l'Empereur, vous pouvez en être certaine, car j'ai toujours agi ainsi face aux dames soldates. Renseignez-vous donc auprès de mes frères d'armes, les maréchaux.
 
Je suis quelqu'un de galant et de très respectueux, voire d'empressé auprès de la gent féminine. Beaucoup de militaires du beau sexe ont cependant préféré se travestir en homme avant de combattre, car «ils» avaient peur de ne pas être respectés en n'étant pas des hommes; cela se voyait surtout chez les hussards. Hé oui! Les shakos, que portaient ces derniers, avaient de ces discrétions-là...
 
Il n'y eut sans doute pas énormément de femmes servant dans l'armée, mais celles qui le faisaient étaient de véritables furies, et surpassaient leurs camarades masculins en vaillance et en acte de valeur. Les soldats de la grande armée n'étaient sans nul doute point des anges, mais les soldates étaient bien loin de l'être elles-mêmes; comprenez les champs de bataille étaient de véritables boucheries, et les dames devaient en outre s'affirmer plus que leurs camarades du sexe fort.
 
Cependant, n'en blâmez jamais mon impérial beau-frère: il n'était ni un monstre, ni un buveur de sang. Il était en vérité l'homme providentiel qu'attendait la France exsangue après la révolution et il se serait volontiers passé d'aller faire couler le sang aux quatre coins de l'Europe! Mais les coalisés, poussés surtout par les Anglais, cherchaient constamment à nuire à la patrie des Droits de l'homme -comprenez, la nôtre.
 
Vous avez l'esprit d'une combattante et guerrière, et cela est loin de me déplaire; mon épouse elle-même a votre détermination. Cependant si elle ne s'est jamais rendue sur le champ de bataille, elle tenait tête à son impérial frère, et ce n'était pas chose aisée pour une femme, ni pour un homme d'ailleurs!
 
C'est pourquoi, fort de cette connaissance, cela me navre de ne point pouvoir vous faire rentrer dans l'armée sous mes ordres, et ceux de l'Aigle.
 
À bientôt,
 
Joachim-Napoléon, Ier roi déchu de Naples et des Deux-Siciles
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