Retour en page d'accueil de Dialogus

Sylvie
écrit à

Maréchal Joachim Murat


De quelle région êtes-vous?


   

Monsieur le Maréchal,

Je suis d'une vaste région française qui a eu, au cours des siècles, une histoire tumultueuse. Ce n'est pas la Picardie, ni le Nord-Pas-de-Calais, mais une région bien connue pour son art de vivre, sa gastronomie (fromages, tripes, andouillettes), ses belles plages de sable fin ou de galets, ses falaises de craie, ses grands personnages. C'est la Normandie: celle du duc-roi Guillaume le Conquérant, des grands navigateurs et des artistes. Eh oui, je suis fière de ma Normandie, de ses champs où l'on voit les vaches dans les prés, de ses petites collines, de ses villages et de ses sites naturels. Oh, je ne parle pas de Rouen, qui est ma ville natale, mais d'un endroit que j'aime et que j'apprécie pour sa magnificence. Bâtie sur un rocher dominant une baie, la merveille de l'Occident garde la frontière historique avec sa voisine, la Bretagne. Elle est là, bien droite s'élevant vers le ciel avec son merveilleux archange Saint-Michel. Et de là, on observe dans le lointain les îles Chausey et plus à l'ouest la ville de Cancale...

J'aimerais savoir de quelle région de France vous êtes originaire. Moi, j'apprécie la simplicité des habitants de nos terroirs régionaux, leurs parlers et leur gastronomie.

J'aime la Normandie, comme j'aime sa voisine, la Bretagne et ses villes comme Saint-Malo, Brest, Guingamp, Saint-Brieuc, Vannes, Nantes, Saint-Nazaire, La Baule, le Pouliguen, Pornic; j'aime les sites, les paysages, les beautés, les folklores et les musiques traditionnelles de nos paysans; j'aime le Poitou et sa rudesse; j'admire la majesté des Alpes et du Mont-Blanc, l'excellence de l'Alsace, la fierté des gars du ch'Nord et le courage légendaire des Corses, j'apprécie la simplicité de l'accueil lorrain, les repas gastronomiques du Quercy et de l'Aubrac... Voilà, comment je vois nos petites provinces: à travers ses peuples et ses traditions.

Et vous, comment ressentez-vous nos régions françaises? Ont-elles pour vous une âme? Sont-elles aussi marquées par la présence religieuse du peuple de France?

Je suis par ma mère, une chtimie (c'est comme cela qu'on appelle les gens du Nord-Pas-de-Calais) et par mon père, qui est né à Paris, à moitié polonaise. J'ai un peu de sang juif côté paternel et du sang catholique par ma mère, mais mes racines sont avant tout françaises et nationalistes. J'aime mon pays, son drapeau, son hymne et je le respecte.

Comment ressentez-vous l'attachement de nos habitants à leur région?

À bientôt.

Je vous embrasse,

Sylvie


Chère Sylvie,

Je suis natif du Sud-Ouest, puisque je suis né dans le petit village de la Bastide-Fortunière, à proximité de Cahors, devenu chef-lieu du nouveau département du Lot sous la révolution. C'est une belle région où le soleil brille la majeure partie de l'année, et qui possède le beau ciel azur du Sud de la France. Bien entendu, j'aime les régions de France. Je dirais même mieux: j'aime la France. Je me suis battu pour elle...

Durant les batailles, j'ai pu apprécier le courage de mes concitoyens, un courage héroïque, digne des légionnaires romains (mais quoi de plus naturel, puisque la révolution se voulait romaine...). Le peuple français, sous une apparente simplicité, est en fait ambitieux, enfin du moins l'est de mon temps, et aspirait à de grandes choses...

Je suis athée de conviction. Je le suis devenu assez tôt, bien avant la révolution, et avant d'avoir lu Descartes. Hébert, sous la révolution, a lancé une vaste campagne de déchristianisation, qui a eu trop grand écho pour ne pas avoir laissé de marques dans le cœur des Français... Pour ma part et pour autant que je le sache, j'ai des racines françaises et italiennes: ma mère a une ascendance mi-française, mi-italienne. De mon temps les trois-quarts des Français sont attachés à leur nation comme un seul homme. Je ne puis t'indiquer s'il en est de même pour leurs régions, car sincèrement je l'ignore, mais je puis te certifier, que moi, grand patriote que je suis, suis également fortement attaché à ma région d'origine... Et ce n'est pas mon ancienne couronne de roi de Naples et des Deux-Siciles, qui me fera renier mes racines.

À très bientôt, je t'embrasse,

Joachim Murat, roi déchu de Naples et des Deux-Siciles

************************Fin de page************************