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écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

Vous et la préciosité

   

Bonjour Athénaïs de Rochechouart,

Je suis heureuse de correspondre avec vous, moi, une simple fille du peuple! 

Savez-vous que j'ai dû réaliser pour un travail de français, une interview fictive avec vous? Je me suis lancée dans ce travail de journaliste avec beaucoup d'intérêt et ainsi je me suis documentée sur votre vie; j'ai découvert tellement de choses étonnantes! La vie à la cour est passionnante, n'est-ce pas? J'aimerais vous interroger sur votre vie pour en connaître plus de détails que ce que j'ai pu apprendre par mes recherches. Vous êtes la personne la mieux placée pour m'en parler; ainsi, j'aimerais avoir plus de détails sur l'affaire des poisons, sur Louis XIV et sur vous bien sûr!

J'aimerais aussi savoir comment vous, une favorite, considériez les autres amantes du roi? Je sais que c'est un phénomène normal à l'époque, mais j'aimerais avoir votre avis.

Pouvez-vous me parler un peu plus de la préciosité? Vous étiez une précieuse et j'aimerais en savoir un peu plus sur ce sujet.

Merci d'avance,

Marie


Chère Marie,

Je suis flattée que vous vous intéressiez autant à ma personne. La Cour est le lieu de la mondanité, de la gloire mais aussi celui des intrigues. Tant que vous estes bienvenue à la Cour de Sa Majesté, c'est que vous estes dans de bonnes grâces, mais lorsque le Roy n'y souhaite point vostre présence, c'est que vous estes proche de l'exil. Je serois très heureuse de pouvoir vous renseigner sur ma vie et sur ma relation avec Louis XIV. Demandez-moy ce que vous souhaitez savoir et j'y respondrai au plus vite. Quant à l'affaire des poisons, s'il vous faut d'autres renseignements que ceux que j'ay desjà donnés dans d'autres lettres, que je vous engage à lire, je vous promets d'y respondre esgallement.

Sachez très chère que la plupart des jeunes femmes qui veulent devenir la maîtresse du Roy n'aiment que le prestige de cette place. Lorsque j'estois la favorite de Louis, je considerois les autres comme des rivales. J'ay dû desfendre ma place comme toutes les favorites le font. J'avois heureusement beaucoup d'esprit, ce que le Roy apprécioit, à l'inverse de la plupart qui estoient belles mais aussy bien sottes.

Les femmes qui se disent Précieuses se retrouvent dans des salons de Paris que j'ay fréquentés aussy estant plus jeune. On y parle de la mode, des rumeurs sur la Cour et on converse beaucoup sur les romans dans lesquels ces dames aiment se plonger. J'ay fréquenté ces salons, mais ne me suis jamais considérée comme Précieuse. J'avois cependant de bonnes amies parmi elles. Le Roy d'ailleurs s'est tousjours méfié de ces femmes.

Amicalement vostre et à bientôt,

Athénaïs