Fatma
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

Votre réputation

    Chère Madame,

Il apparaît que vos rapports avec Madame de Maintenon étaient conflictuels et que, l'affaire des poisons n'arrangeant rien, l'on vous a décrite comme une intriguante, une jalouse, une prétentieuse, etc.

Or, si j'en crois les différentes biographies que je lis sur internet, vous auriez permis aux pauvres une retraite paisible dans un lieu de votre propriété. Serait-ce une tentative de rachat après une vie de débauche?

Madame de Maintenon était-elle vindicative au point de ternir votre réputation dans ses mémoires? Quelle est la part de vérité dans ce qui est colporté à votre sujet? Est-ce que les représentants de l'Église, qui ont manigancé contre vous dans l'affaire des poisons, et Madame de Maintenon y seraient pour quelque chose?

J'avoue que je suis sceptique quand on me décrit une personne totalement pure et une autre en tout point mauvaise.

Je vous remercie pour ces précieux éclaircissements.

Bien à vous,

Fatma


Bonjour,


En effet, mes rapports avec madame de Maintenon estoient orageux car elle se comportoit comme si elle estoit la vesritable mère de mes enfans, alors qu'elle n'estoit que leur gouvernante.
 
Ma vie ne fut point un exemple, il est vray. Trop pressée de me marier, je n'ai point choisi l'espoux qu'il me falloit, ce qui peut expliquer que je cesdai au Roy et devins sa maistresse.

Je me suis toujours intesressée aux cas des plus desmunis et c'est pour respondre à leur destresse que j'ay voulu la fondation du couvent de Saint-Joseph à Paris. Ce lieu accueille les vieillards et les petites filles orphelines sans argent. Je les dote afin qu'elles fassent un mariage convenable si elles n'ont point de vocation religieuse.
 
Depuis mon despart de la cour en 1691, je demeure dans mon chasteau d'Oiron, loin du grand monde et des intrigues de Versailles. Mes enfans me rendent parfois visite et je suis bien aise comme cela. Je sçais que j'ay pesché en devenant la maistresse de Sa Majesté et je me rapproche de Dieu afin qu'Il m'accorde Son pardon.
 
Comme je l'ay dit dans de prescesdentes lettres, que vous pouvez consulter, je n'ay jamais eu une quelconque implication dans l'affaire des Poisons. Cela est pure calomnie, venant de personnes qui veulent probablement ternir mon image.
 
J'espère vous avoir respondu comme vous l'attendiez.
 

Bien à vous,
 
Françoise de Rochechouart de Mortermart
Marquise de Montespan