Élisa
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

Votre fils Louis César et votre petite-fille Louise E

   

Bonjour,

Je suis une passionnée de l'époque de Louis XIV et j'aimerais savoir certaines choses.

Tout d'abord, parlons de Louis César: il paraît que juste avant de mourir, il a traité Madame de Maintenon d'ingrate; il paraît aussi qu'il vous appelait «ma bonne amie». Est-ce vrai?

Parlons maintenant de vos petite-filles, filles de Louise Françoise. Je sais que vous avez déjà vu Marie-Anne, née en 1690, mais avez-vous vu Louise-Élisabeth née en 1693; il paraît qu'elle ressemble à sa mère; est-ce que c'est mentalement ou physiquement? A-t-elle hérité de l'esprit Mortemart?


Madame,

Le petit Comte de Vexin m'a donné bien du tracas tout au long de sa vie. Dès sa naissance, il estoit de santé fragile et gardoit souvent le lit. À de nombreuses reprises, j'ay cru le voir passer de vie à trépas. Malgré les grandes douleurs qu'il devoit endurer, mon fils estoit un enfant fort agréable, ayant tousjours une parole aimable pour ceux qui l'entouroient. Effectivement, pour luy, j'estois sa «bonne amie». Son aisné, le duc du Maine, estoit fort proche de leur gouvernante, Madame de Maintenon, et je me sentois plus proche du comte de Vexin. Sa mort, alors qu'il avoit à peine onze ans, me peina beaucoup.

Concernant les enfans de Louise Françoise, je les vois de tems à autres, ma fille me rendant visite autant que possible. Son ainée, Mademoiselle de Condé, lui donne des inquiétudes. Il semblerait que la pauvre enfant ait hérité de la folie des Condé qui se transmet depuis son aïeule, Claire Clémence de Maillé. Mademoiselle de Sens, Louise Élisabeth, a hérité, quant à elle, de l'esprit Mortemart et en régale toute la cour. Leurs quatre autres sœurs sont encore trop jeunes pour que l'on puisse les définir mais elles promettent beaucoup de par leur beauté.

Bien à vous,

Athénaïs de Montespan