Landry
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

Votre beauté

   

Bonjour madame,


J'ai toujours été fasciné par votre esprit et surtout par votre beauté. Mais d'où l'avez-vous tirée? Est-il vrai que votre mère était d'une grande beauté? Et votre sœur Marie-Christine, était-elle belle aussi? Pouvez-vous me décrire le physique de votre sœur cadette, Marie-Madeleine, qui était la plus belle d'entre vous? Je voudrais tout connaître sur votre famille.

Bien cordialement,

Landry


Monsieur,

Il est vray que ma feue mère, Diane de Granseigne, estoit d'une grande beauté. Moy et mes sœurs, nous avons hérité de sa beauté ainsy que de l'esprit des Mortemart. Ma sœur cadette, l'abbesse de Fontevrault, estoit une femme charmante en tous les domaines. J'avois beaucoup d'admiration pour elle et Marie-Madeleine me fut d'un grand soutien dans les moments difficiles. Sa Majesté apprécioit esgalement sa conversation, ainsy que bien des membres de sa cour. Son décès, survenu le quinze du mois d'aoust 1704, causa un grand vide en moy.

Au plaisir,

Françoise de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan


Bonjour,

Je suis content de voir que vous avez pris tout votre temps pour me répondre. Si toutes les filles des Mortemart étaient fort belles, qu'en était-il de votre frère et de votre père?

À bientôt de vous lire,

Landry


Monsieur,

Mon feu père, le duc de Mortemart, devoit estre doté de beaucoup de charmes puisqu'il délaissoit ma mère pour une autre femme. Quant à mon frère, le duc de Vivonne, il espousa Antoinette Louise de Mesmes, qui lui donna de nombreux enfans.

Bien à vous,

Françoise de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan


Bonjour,

Merci pour toutes ces réponses. Je suis comblé. Est-il vrai que Marie-Christine était votre sœur préférée? D'après certaines sources, lorsque vous étiez la maîtresse du roi, Marie-Christine vous aurait dit de retourner auprès de votre époux et de vos enfants, sans quoi elle ne vous adresserait plus la parole. Si c'est vrai, quelle a été votre réaction? Vous êtes-vous réconciliées?

C'est avec une immense joie que j'attends votre réponse.

Landry


Monsieur,

Je ne puys dire que j'avois une sœur préférée. Toutes les trois estoient différentes et j'avois avec chacune une relation particulière. Marie Christine, qui estoit d'une grande sagesse, fut fort choquée de ma conduite. J'estois moy-mesme quelque peu honteuse de ma position et j'estois mesme soulagée que ma mère, très croyante elle aussy, ne soit plus de ce monde, car ma conduite l'aurait fort contrariée et sans doute fait bien souffrir.

Ma sœur désapprouva ma conduite et me sermonna pour cela. Elle me demanda effectivement de cesser de voir le Roy en privé et de rejoindre le domicile conjugal, ce que je refusois, n'estant plus heureuse avec monsieur de Montespan et ayant trouvé mon esquilibre à la cour, auspres de Sa Majesté. Je me brouillois donc avec Marie-Christine et ne la revis point, ma sœur estant decédée quelques années plus tard.

Je vous donne le bonjour,

Françoise de Rochechouart de Mortermart, Marquise de Montespan


Bonjour,

Il y a quelques jours, une personne m'a dit que vous avez eu une servante du nom de Magdelon. Pouvez-vous m'éclairer sur le sujet?

Dans l'attente de vous lire,

Landry


Monsieur,
 
Je n'ay point gardé en mesmoire le nom de toutes les femmes qui ont estées à mon service. Vous me pardonnerez donc de ne pouvoir vous esclairer davantage.
 
Bien à vous,
 
Françoise de Rochechouart de Mortermart
Marquise de Montespan