Élodie
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

Sur plusieurs sujets...

    Bonjour,
Ça fait longtemps que je ne vous ai pas écrit. Je vais vous poser quelques questions en espérant que vous allez répondre et après un petit poème pour ma mère.

*santé*
comment allez-vous?
et vos enfants?
et le roi?

*Madame de Maintenon*
pourquoi le roi l'appelle-t-il ainsi?
vous l'aimez bien?

*le frère du roi *
comment va-t-il?

*La Voisin*
je sais, je dis la même chose à chaque fois.
Est-ce que vous allez au culte de Satan?
pourquoi la voisin tuait-elle des nouveaunés?

*le roi
pourquoi, après l'affaire des poisons ne vous aime-t-il plus?

*Melle Desoeillet*
Est-elle est encore dans votre service?
si oui, vous lui demanderez si Louise de Maisonblanche est la fille du roi?
Désolée de dire ça, je crois que le roi ne va pas être très content.

Merci d'avance, vos réponses me font du bien.

P.S. 1:Croyez-vous que le roi sera fâché s'il apprend ce que je dis avec vous?

P.S. 2: le poème pour ma mère, donnez-moi votre avis.
Une colombe.
Une colombe passa à Versailles.
Elle brilla de mille feux.
Mon coeur battait toutes les trois secondes.
Elle souriait à tout le monde.
Et m'encouragea à garder espoir.
À travailler plus.
Au fond de moi cette colombe me rappelait ma mère.
Pourquoi me dites-vous?
Si elle sourit à tout le monde ça veut dire qu'elle apporte de la lumière où il n'y en a pas ou le soleil pour les gens qui meurent de froid.
Ses yeux marron percent la pénombre et tout d'un coup mes peurs s'évaporent.
Elle me protège des se mauvais maux.
Elle m'enlève ses mauvais auxquels je n'ai pas été invité en me protège dans ses bras blancs.
Son sourire efface les malheurs des uns et des autres.
Et surtout elle me réconforte.
Ma mère est pour moi une colombe car elle est douce et belle avec ses cheveux de jai et ses mèches ressemblent aux pétales de roses.
Son parfum de la lavande.
Une lionne car elle est fine comme elle.

Je t'aime maman.
Sans toi  je ne suis rien

P.S. 3: Vos enfants vous offraient-ils des cadeaux?

À bientôt.

Élodie

Mademoiselle,

Je vous remercie de vous soucier de ma santé. Je rentre tout juste d'une cure à Bourbon qui m'a fait le plus grand bien. Quant à mes enfans, je croy pouvoir vous dire qu'ils se portent bien. Il en va de mesme pour sa Majesté, bien que je ne sois plus à la cour depuis des années, la santé du Roy est connue de tous les courtisans et vous savez comme les nouvelles vont vite. Si Louis estoit malade, j'en serois avertie.

Madame Scarron, gouvernante des enfans que j'ay eus du Roy, a acquis par mes soins la terre de Maintenon en 1674. Je n'ay jamais pu comprendre comment Louis, en plus de cette faveur, a esté jusqu'à faire de cette femme une marquise. Je reste reconnaissante envers Françoise pour les bons soins qu'elle a donnés à mes enfans mais je ne peux m'empescher de me sentir trahie par la marquise que j'ay grandement aidée à l'époque où elle n'avoit plus rien. Je l'ay prise à mon service contre l'avis de Sa Majesté et elle a fini par prendre ma place dans le coeur de Louis.

Monsieur, le frère de Sa Majesté, est décédé en 1701, d'une crise d'apoplexie m'a-t-on dit. Depuis, ma fille, Françoise-Marie est devenue duchesse d'Orléans ayant espousé le fils du prince défunt.

Je vous répète que je n'ay jamais participé à une quelconque messe noire et vous invite à lire mes autres correspondances pour en apprendre plus sur l'affaire des Poisons. La sorcière La Voisin estoit une faiseuse d'anges en plus d'estre une empoisonneuse. Les femmes qui estoient grosses et qui ne désiroient point garder l'enfant qu'elles portoient, avoient recours à une faiseuse d'ange qui se chargeoit de leur enlever l'enfant des entrailles. La Voisin clamoit qu'elle enterroit ensuite ces petites victimes dans son jardin.

Claude des Oeillets est décédée depuis l'année 1687 date à laquelle elle n'estoit plus à mon service.

N'ayez crainte, je ne pense pas que demander des renseignements sur les enfans illégitimes de Sa Majesté constitue une offense à sa personne. Vos lettres sont respectueuses envers le Roy et n'amèneront point sur vous son courroux.

Vostre poème pour vostre mère est fort joli. Je suys certaine qu'elle appréciera. Moi mesme, je recevois des complimens de la part de mes enfans lorsqu'ils estoient jeunes.

À bientost chère Élodie,

Athénaïs de Montespan


Merci Madame, je suis vraiment désolée pour le Monsieur le frère du roi je ne le savais point et merci pour le compliment.

En ce moment j 'ai découvert quelque chose sur Angélique de Fontanges: ce n'est pas vous qui l'avez tuée, c'est à cause du placenta.

J'espère que le roi ne va rien me dire à ce sujet.

Avez-vous des nouvelles de vos enfants?

Comment vont vos premiers enfants de votre premier mari?


Chère Élodie,
 
En effet, Mademoiselle de Fontanges est décedée des suites d'un accouchement difficile et prématuré. Le fait que son trépas ait eu lieu en pleine Affaire des Poisons n'a fait que renforcer certains soupçons qui pesoient desja sur ma personne.
 
J' ay donné deux enfans au marquis de Montespan. Ma première née, Marie-Christine est décédée en 1675 à l'age de onze ans. Je ne la connaissois pas fort bien ayant esté privée d'elle dès son plus jeune âge. Cependant sa disparition m'a donné  bien du chagrin. Quant à mon fils Louis-Antoine, il est aujourd'huy duc d'Antin et a quatre fils de son espouse, Julie-Françoise de Crussol d'Uzès, qu'il a espousée en 1686.
 
Bien à vous,

Françoise-Athénaïs de Montespan


Je suis vraiment désolée pour votre fille. Comment allez-vous?

Madame, avez-vous peur de l'orage? Moi oui ...
 
À bientôt.

Élodie de France


Chère Élodie,
 
Hèlas! Marie-Christine n'est point le seul enfant que j' ay perdu mais nous sommes a une espoque où la maladie frappe souvent les petites personnes.

En effet, le noir et les orages ne sont pas pour moy de bonne augure  et je m'en suys tousjours méfiée.
 
Mes amitiés,
 
Athénaïs de Montespan


Merci de m'avoir répondu, mais pourquoi se vouvoie-t-on à votre époque?

Je suis vraiment désolée pour vos enfants, madame.

À bientôt.

Élodie


Chère Élodie,
 
Dans la haute société, il est normal d'user du vouvoiement. C'est une marque de respect envers notre interlocuteur qu'il nous soit inconnu ou que nous en soyons proche.

Sur les neufs enfans que j'ay eus, quatre sont décédés en bas asge. C'est une fatalité de la vie et l'on ne peut rien y faire.  De ceux qui ont survécu, le duc du Maine et la duchesse d'Orléans ont eux-mesme perdu des enfans au berceau. Mais n'ayez crainte de me poser quelque question sur eux. Bien que cela fasse remonter des souvenirs douloureux, il m'est toujours agréable d'évoquer mes enfans. C'est une façon de ne pas les laisser dans l'oubli.
 
À bientost,
 
Athénaïs