Margaux
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

Politique et femme de nuit 

   

Madame, bonsoir,

Pardonnez ma curiosité. De notre temps, une femme en politique, ce n'est pas rare, loin de là. Mais je me demande: n'avez-vous pas eu peur, vous, femme à la cour du Roi, de hausser le ton et de vous imposer de la sorte? Car, de nos jours, on vous dit capricieuse, autoritaire, dépensière, brûlante d'ambition et de jalousie.

D'avance merci. Avec tout mon respect,

Margaux, de Lorraine


Madame,

Sachez que je n'ay jamais imposé ma volonté à Sa Majesté. Le Roy apprécioit mon esprit et il avoit plaisir à converser avec moy. En revanche, Sa Majesté n'accepte aucun conseil politique, quel qu'il soit, de la part des femmes qui l'entourent. À la mort du cardinal de Mazarin en 1661, il décida de gouverner seul, sans premier ministre et sans les conseils de sa mère, feue la Reyne Anne d'Autriche. L'épouse du Roy, feue la Reyne Marie Thérèse n'a, elle non plus, jamais pris part à un conseil des ministres. Les dames de la faveur royale furent également tenues à l'escart des affaires du royaume.

En espérant vous avoir esclairée,

Athénaïs de Montespan