Francis Ortega
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

Malgré vos péchés

    Madame, je vous salue,

Si je me rappelle bien, c'est à cause de votre jalousie envers les autres favorites (je ne vous agresse pas, pardonnez-moi de vous traiter ainsi, vous la célèbre favorite de Monseigneur le Roy) que vous aviez pris part au mystère du sabbat avec La Voisin qui est une sorcière, mais pourquoi dit-on que vous étiez coupable? Et aviez-vous sacrifié un enfant?

Je vous remercie de ce moment passé avec vous (ce n'est pas le Roy qui l'a écrit, c'est moi, mademoiselle Elodie, née le 5 octobre).

Je vous adore malgré vos péchés.

À bientôt.



Bonjour,
 
Sachez tout d'abord que je n'ay jamais eu le moindre commerce avec l'empoisonneuse La Voisin. Seul mon nom a esté associé à l'affaire des poisons, mais aucunement ma personne. Toutes ces rumeurs qui courent à mon sujet sont le fruit d'une sordide machination. 

Je ne me suis jamais livrée au culte de Satan qui nécessite des messes noires avec le sacrifice de nouveaux-nés. En revanche, je ne puis en dire autant de Mademoiselle des Oeillets, ma première dame de chambre de l'espoque. Je la soupçonne d'avoir participé à ces monstrueuses pratiques en usurpant mon identité. En effet, elle gardoit envers le Roy un profond mépris car Louis n'avoit point voulu reconnaistre comme son enfant celui qu'elle avoit mis au monde peu de tems avant le début de l'affaire des poisons.
 
N'accordez point trop d'importance à tout ce qui peut estre raconté et qui est sans aucun fondement.
 
Françoise de Montespan