Mariel
écrit à

   


Marquise de Montespan

     
   

L'aimée du roi 

   

Ma chère marquise,

Je suis une jeune fille de la Nouvelle-Espagne. Je voudrais bien savoir comment étaient vos relations avec le roi et la reine, parce que même quand vous étiez une des maîtresses de sa majesté -peut être la plus belle de toutes- j'ai compris que la reine ne vous haïssait pas. Viviez-vous toujours à Versailles ou bien voyagiez-vous toujours avec le roi?


Merci madame,

Mariel


Madame,
 
La reyne avoit beaucoup d'amitiés pour moy lorsque je devins sa dame d'honneur. Nos rapports se compliquèrent lorsque je devins la maistresse de Sa Majesté le roy. Cependant, je fus tousjours très respectueuse de la reyne. Son grand chagrin estoit de voir que les enfans que je donnois à Louis estoient en bonne santé alors que ses enfans décédoient tous en bas asge à l'exception du dauphin.

J'ay quitté la cour sur ordre du roy, en 1691. Je me suis alors réfugiée chez ma sœur cadette, l'abbesse de Fontevrault, Marie-Madeleine, aujourd'hui décédée. Je vis désormais retirée de la cour de France mais je reçois avec plaisirs mes enfans.
 

Bien à vous,

Françoise, Marquise de Montespan



Madame,

Je suis satisfaite de votre réponse. Croyez vous que l'épouse du roi Louis XIV, la reine Marie-Thérèse souffrait aussi à cause de son incapacité à être aimée par le roi, qui depuis leur mariage ne faisait que batifoler avec des dames de la cour? Et aussi, pour quelle raison le roi vous donna-t-il l'ordre de quitter la cour?

Respectueusement.

Madame,
 
Évidemment, la reyne devoit souffrir de la situation car elle passoit ses journées a répéter qu'elle aimoit sa majesté le roy plus que tout. Elle a tousjours esté en admiration devant luy mais le craignoit également. Je pense que la reyne fut trop effacée pour garder l'attention de Louis sur elle. Il attendoit de son espouse bien des choses et fut déçu qu'elle se montrast si discrète, cessant vite de faire des efforts pour s'intégrer à la cour et parler correctement le françois.
 
Je suys restée à la cour car j'y avois des enfans en bas asge, Mlle de Blois et le comte de Toulouse. Une fois qu'ils furent sortis de l'enfance, le roy décida que je n'avois plus à demeurer à la cour. Je reste cependant persuadée que Mme de Maintenon n'est pas estrangère à ceste décision.
 
Bien à vous,

Françoise, Marquise de Montespan



Marquise,

Merci beaucoup pour votre temps. Pour moi, le rôle que vous avez joué à la cour fut très important.

Mariel