Retour en page d'accueil de
          Dialogus

Romana et Julia
écrivent à

Jacques Mesrine


Demande d'interview (projet scolaire)


   

Monsieur Jacques MESRINE,

Journalistes au Dauphiné Libéré, ma collègue et moi souhaiterions vous rencontrer dans le but de rédiger un article sur votre vie, vos cavales, vos relations avec la police et la justice, votre vie en prison. Nous avons rencontré votre avocate, Maître Martine Malinbaum, qui nous a confirmé être en mesure d’obtenir une entrevue au parloir dans les prochains jours dès qu’elle aura votre accord. Pour vous permettre de préparer ce rendez-vous, nous avons retenu plusieurs thèmes qui ouvrent plusieurs questions -en voici quelques-unes.

Tout d’abord, nous souhaiterions évoquer votre enfance. Auriez-vous des photos de votre famille? Vos parents, Monique et Pierre, travaillaient tous deux dans une firme de broderie de luxe. Votre père, à la ressemblance frappante avec Gary Cooper, était-il un père autoritaire? Vous souvenez-vous de l’époque difficile de la guerre, de votre vie d'exilé chez des cousins, de la séparation pendant six ans d'avec votre père le temps de la guerre et de son emprisonnement en Allemagne? Vous avez eu une scolarité chaotique avec plusieurs renvois d’établissements scolaires. Pourquoi ce rejet pour l’apprentissage?

Maintenant, évoquons votre côté sentimental: que pourriez-vous nous raconter sur vos conquêtes, votre première petite amie Christiane, votre première femme Lydia, puis Sole, et Janou, les relations évoquées avec votre avocate?

Comme votre père, vous avez reçu votre appel sous les drapeaux et vous êtes parti vous battre en Algérie; vous avez été décoré et à votre retour en France tout a basculé! Comment expliquez-vous qu’à l’âge de vingt-trois ans vous aviez décidé de votre avenir: être «l’ennemi public numéro un»? Vous avez débuté votre carrière de bandit par de petits cambriolages, puis des vols plus importants, des braquages, des règlements de comptes, l’enlèvement d’un milliardaire, l’ enlèvement d’un juge pendant l’un de vos jugements, menacé le ministre de la justice de l’époque, vous avez plus d’une fois jubilé d’avoir semé la police. Vous avez connu plusieurs prisons, plusieurs cellules, des quartiers de haute sécurité... comment avez-vous vécu ces années? Êtes-vous fier de vos évasions?

Vous avez été «l’ennemi public numéro un», on vous a aussi surnommé «l’homme aux cent visages»; avec le recul, quel est l’événement qui vous a le plus marqué par rapport à tous ces épisodes?

Nous serions très heureuses de vous rencontrer prochainement et vous remercions d'avance de préparer notre entretien.

Bien cordialement,

Romane et Julia
Journalistes au Dauphiné Libéré
Spécialistes en enquêtes judiciaires


Paris, 1er novembre 1979,

Mesdames, Mesdemoiselles,

J'accuse réception via mon avocat de votre demande d'entretien. Malheureusement, celui-ci ne pourra s'effectuer par le biais d'un parloir. À cela, plusieurs raisons que vous comprendrez aisément. Déjà, en ce 1er novembre 1979, je ne suis plus en prison, mais en cavale. Ensuite, ces endroits que sont les «vitres de parlotes» ont vite fait d'avoir des oreilles perdues! C'est pourquoi, si entretien il doit y avoir, celui-ci s'effectuera par le biais de Dialogus. Un endroit et un moyen sûrs! Mais attention, pas d'entourloupes ou de plans foireux. Nénettes ou pas, si vous me farcissez la tête, je mettrai un point d'honneur à appliquer l'égalité entre hommes et femmes.

Attendant de vos nouvelles,

Jacques MESRINE

************************Fin de
        page************************