Retour en page d'accueil de
          Dialogus

Céline
écrit à

Jacques Mesrine


Avec toute mon amitié très cher monsieur Mesrine


   

Je voulais par cette lettre vous faire part de mon entière et sincère amitié et vous dire que votre vie aussi célèbre qu'énigmatique n'est que le reflet de votre courage. Derrière l'homme de force que vous êtes, je perçois quelqu'un qui a des pensées claires et qui a fait de son existence une richesse que les autres ne peuvent pas comprendre. Même dans l'adversité, vous nous avez montré que quoi qu'il arrive il faut rester maître de soi.
Pour moi vous êtes plus sage que les remplis de sagesse.

Chaleureusement!


Paris, 1er novembre 1979,

Bonjour Céline,

D'abord, veuillez excuser mon retard. Quelques affaires «professionnelles» m'ont éloigné de Paris ces derniers temps. Et puis, Sylvia rêvait de vacances, du moins de repos et de détente.

J'avoue que votre lettre m'a touché. En effet, elle est à cent mille lieues des sempiternelles questions caduques que l'on m'adresse quasi quotidiennement. Vous avez compris que derrière l'homme ne se cache pas un morceau de viande sans cervelle n'agissant que par la fumée de son flingue.

Ma vie célèbre et énigmatique? À vrai dire, je n'en sais rien! Si ce n'est que je suis convaincu qu'il y va d'un amalgame entre l'énigme et la notoriété. Chacune de ces deux notions contribuant à la valeur de l'autre. Certes, je le reconnais, j'ai toujours eu une tendance mégalo (on l'est tous plus ou moins, non?) et les médias (entre autres) y ont largement contribué. Maintenant, lorsqu'on a la conviction et la détermination dans ce que l'on est et ce que l'on pense, alors oui, on a le courage qui va avec. Que les autres ne puissent pas comprendre, à la rigueur, c'est un détail. Disons que je suis un peu moins con que la majorité des hommes. J'entends en ce sens que je ne rêve pas ma vie, je ne veux pas en être l'esclave, mais je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour la vivre. Peut-être que ma sagesse, comme vous dites, trouve son essence ici même.

Amicalement,

Jacques Mesrine

************************Fin de
        page************************