Pierre Chirol
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Votre vie à Vienne

    Altesse,

Quand vous étiez à Vienne, est-il vrai que votre soeur Maria-Carolina, reine de Naples, était votre soeur préférée?

Et qu'avez vous ressenti quand vous vous êtes fait arrêter à Varennes?

Votre dévoué serviteur Pierre.



Très cher Pierre,
Il est vrai que j’ai toujours eu une amitié particulière pour ma sœur, bien que nous fûmes séparées très jeunes.

Et que dire de Varennes? Je vous avoue avoir d’abord été terrorisée. Ensuite, je me suis ressaisie, ce qui ne m’a pas empêchée de passer par toute la gamme des émotions, comme vous pouvez bien l’imaginer! Ce sont de très douloureux souvenirs. Mais malgré toutes ces émotions qui m’assaillaient, je me devais de rester forte et de garder la tête haute. Lors de notre retour à Paris, mon cœur était si serré que je croyais bien en mourir. Mais ce n’est pas pour moi que j’avais peur. Je craignais surtout pour le Roi et pour mes enfants. Dieu sait de quoi sont capables ces révolutionnaires! Vous connaissez sans doute la suite, cher Pierre, et je vais m’arrêter ici pour le moment.

J’entends des pas qui s’approchent. Peut-être est-ce la jeune Rosalie qui vient m’apporter quelques soins.

Au revoir, cher Pierre,

Marie-Antoinette