Marquise de Rosemonde
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Vos dames de compagnie
 

    Ma très chère reine,

Je me réveille après plusieurs siècles d'endormissement et je ne me souviens plus des termes utilisés à l'époque pour désigner les femmes de petite ou de haute noblesse qui vous entouraient nuit et jour. Y-avait-il une forme de hiérarchie? Pourriez-vous me donner un nom ou deux de vos fidèles compagnes qui vous étaient entièrement dévouées?

Je suis admirative de votre courage, de votre beauté et de votre noblesse de coeur, quoi qu'en dise la rumeur de l'histoire. Je me sens impressionnée par mon audace et à la fois honorée de vous exprimer mes interrogations et mes impressions. Jamais je n'aurais osé croire pouvoir vous approcher de si près. Cet échange est le premier d'une série que j'espère longue.

Je me dois de me retirer afin de rejoindre ma réalité.

À bientôt.

Votre amie dévouée, Marquise de Rosemonde


Chère Marquise de Rosemonde,

Il me fait grand plaisir de recevoir votre lettre, qui me parvient dans ma prison de la Conciergerie. Ah, que ces lectures me font du bien!  Je vous en prie, n'hésitez pas à m'écrire, cela me réchauffe le coeur et permet à mon esprit de s'évader, à défaut de pouvoir le permettre à mon corps…

Sans doute voulez-vous parler des dames et demoiselles d'honneur et de compagnie? Ces jeunes et moins jeunes femmes nobles qui m'entouraient et dont j'aime à me souvenir dans l'état où vous me trouvez… Parmi elles, je puis vous nommer Madame de Noailles, que je surnommais «Madame Étiquette», même si elle n'est pas demeurée longtemps à mon service. Il y avait aussi mes femmes de chambre, dont ma première femme de chambre Madame Campan… Il y avait en effet une hiérarchie, comme pour tout à la Cour et dans le monde qui nous entoure.

À très bientôt, chère Marquise,

Marie-Antoinette


Ma très chère reine,

Si vous saviez combien j'aimerais soulager votre fardeau et faire en sorte que cette épreuve qui pèse sur vos épaules ne soit bientôt plus qu'un vilain souvenir.

Je suis du moins bien aise de pouvoir vous apporter un peu de réconfort au travers de ces lettres que je vous envoie. Comment se porte votre santé?

En ce qui concerne vos dames et demoiselles d'honneur et de compagnie, j'ai lu beaucoup de bonnes choses concernant votre amie Mme de Lamballe. Beaucoup la décrivent comme une amie aimante et fidèle et une femme vertueuse. Cependant, dernièrement dans un ouvrage, j'ai pu constater que l'auteur ne tarissait pas d'éloges concernant Mme de Polignac mais accablait le portrait vertueux qu'on avait jusque-là de Mme de Lamballe. Quelle sorte d'amie était-elle exactement? Je souhaite par-dessus tout comprendre votre entourage et votre société car votre personne suscite en moi un grand intérêt ainsi qu'une grande émotion et je souhaite par-dessus tout comprendre et apprendre.

Je vous remercie de l'intérêt que vous avez la bienveillance de porter à mes questions.

À bientôt.

Votre dévouée amie, Marquise de Rosemonde

Chère marquise,

Ma santé? Elle ne se porte pas très bien. Mais cela m’importe peu. Tout ce que j’espère est que mes enfants se portent bien. C’est tout ce qui importe pour moi.

Cette pauvre Madame de Lamballe… il m’est difficile d’en parler, elle paya de sa vie son amitié pour moi. Elle était une personne si douce, une amie véritable. Je ne l’oublierai jamais.

Que voulez-vous savoir?


À bientôt, chère marquise,

Marie-Antoinette