Christelle
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Véritable admiration
 

    Majesté,

Je me permets de vous écrire pour vous faire part de mon admiration pour votre personne. En effet, je ne compte plus les ouvrages que j’ai lus à votre sujet, et je me rends compte que la vie de reine de France n’est pas celle que peut imaginer la petite fille que j’étais lorsque j’ai visité Versailles pour la première fois.

Sachez, Madame, que si vos appartements ont été un lieu de désolation suivant votre départ cette nuit d’octobre 1789, ils sont aujourd’hui un peu le lieu de recueillement pour les personnes comme moi, qui vous admirent et pensent tous les jours à vous!

Je vous souhaite beaucoup de courage dans cette période éprouvante, et vous cite, vous et les vôtres, dans mes prières.

Recevez mes amitiés,

Christelle

Très chère Christelle,

Quelle belle lettre vous m’écrivez là! Je suis particulièrement touchée par vos mots. Mes appartements sont un lieu de recueillement, dites-vous? Quel retournement de situation! Merci, chère Christelle, de m’en faire part.

Au plaisir de vous lire de nouveau,

Marie-Antoinette

Chère madame,

Pardonnez mon silence, mais je crains toujours que cette correspondance ne joue contre vous! Racontez moi, madame, votre quotidien dans votre cellule de la Conciergerie. Est-ce vrai que vous n'avez pas même une fenêtre? Je vous en supplie, madame, ne prenez aucun risque pour me répondre, je ne le supporterais pas!

Gracieusement,

Christelle

Très chère Christelle,

Mes journées n'ont rien de bien intéressant. Je suis remplie de tristesse et d'angoisse à la pensée de mes enfants et de ma chère belle-soeur, que je n'hésite pas à appeler ma soeur. Je ne sais rien du dehors et je n'ai aucune nouvelle de mes enfants. Ils occupent toutes mes pensées et mes prières.
 
Marie-Antoinette