Flore
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Une petite chanson

    Votre majesté,

J'espère que cette petite attention vous fera plaisir. Je vous envoie les paroles d'une chanson, inspirée d'un conte que vous ne connaissez sans doute pas puisque l'auteur est du 19ème siècle. Il s'agit de la chanson le prince et le pauvre Je ne vous écris pas toutes les paroles, seulement celles de la princesse car ce sont celles-là qui me font penser à vous.

«Toute ma vie, j'ai toujours voulu avoir tout un jour pour moi
Rien avoir à faire ni où aller, rien qu'une fois
Sans leçon, sans dîner
Que rien ne soit programmé
Sans personne pour me dire quoi manger, dire où rester
C'est la liberté
Liberté, tu n'as pas de, liberté tu n'as pas de....
Prix, Prix
Libre de s'amuser
Voler libre
Choisir qui épouser
Tu dois croire que j'ai de la chance car j'ai tout ce que je veux
Mais tous les cadeaux que l'on m'a offert sont obséquieux
Quel joli nom, liberté
Bientôt enfin arrivé, oui
Les yeux fermés, je me sens voler à des milliers de lieux
Je pourrais partir
Sans revenir
Ca ne s'rait pas très sérieux
Mais je dois rester au palais
Ce que l'on doit faire, il faut le faire sans qu'on regrette
Je n'arrêterai jamais d'y croire
Elle ne peut pas m'arrêter
La vie vaut mieux que des gants, des robes
Il faut chanter, pour rêver
Liberté»

J'espère que cette chanson, dont je regrette que vous ne connaissiez pas l'air, vous aura fait plaisir.

Avec toute mon affection,

Flore


Très chère Flore,

Je vous remercie de cette douce attention. Il est vrai que la vie d’une Reine ou d’une princesse peut ressembler parfois à une prison dorée. Et le mot «liberté» veut dire beaucoup pour moi dans l’état où vous me trouvez présentement.

Au revoir, chère Flore,

Marie-Antoinette


Votre Majesté,

Je suis très contente que cette chanson ait pu vous réconforter un peu dans ce sordide cachot. Ne perdez pas espoir! J'avais oublié une autre ressemblance entre les paroles de cette chanson et votre vie, c'est que l'époque dans laquelle vit cette princesse est la même que la vôtre, le XVIIIe siècle. Cela n'est pas précisé dans l'histoire mais la mode est la même qu'en votre temps.

J'espère que ma précieuse affection pour vous réchauffera votre coeur, refroidi sans cesse par les sarcasmes qui vous sont adressés à longueur de journée. Je me réjouis de voir que vous avez d'autres partisans à mon époque.

Flore