Yasmin
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Une grande reine

    Bonjour, je m'appelle Yasmin, j'ai quinze ans et depuis plus de trois ans le personnage historique que je trouve le plus touchant et le plus merveilleux, c'est vous.

J'ai depuis peu vu le film réalisé par Sophia Coppola, sur non la politique mais seulement votre personnage avant et pendant la Révolution. J'ai trouvé ce film si proche de l'idée que je m'étais dépeinte de vous que j'en étais tétanisée et cette vision était encore plus merveilleuse que je ne l'imaginais.

Étiez-vous vraiment le personnage que l'on décrit dans ce chef-d'oeuvre? Une femme ou plutôt cette adolescente qui doit tout quitter pour vivre dans un pays qu'elle ne connaît pas, qui doit quitter tout ce qu'elle avait connu et qui lui était cher? Ensuite, cette femme délaisée par son mari, minée par cette absence que vous combliez par de folles dépenses et le jeu pour vous distraire et combler ce vide affectif qui me parait si grand? Tour à tour aimée puis détestée de la cour?

L'histoire s'est bien souvent montrée injuste envers vous mais seules les personnes qui vous ont aimée et connue peuvent vous juger. Vous aviez du courage, de la fougue, et cette grâce, cette beauté et toutes ces qualités qui font de vous la reine la plus chère à mon coeur, qui n'est même pas digne de prétendre avoir plus tard toutes ces qualités.

Vous étiez née pour devenir une grande reine.

Bien à vous,

Yasmin


Très chère Yasmin,

Je vous remercie pour vos beaux mots, ils me vont droit au cœur.

Malheureusement, je ne peux voir le chef-d’œuvre dont vous me parlez, mais je vous remercie pour ce résumé.  Je ne sais pas si les choses peuvent être expliquées aussi simplement. Et je ne crois pas que je puisse les voir de cette façon, puisque tout cela est si près de moi! Il semble que dans votre temps, on pense bien des choses différentes à mon sujet, je vous avoue avoir de la difficulté à démêler tout cela. Mais je suis d’accord avec vous, seuls Dieu et les personnes qui m’ont aimée et connue peuvent me juger.

À très bientôt, chère Yasmin,


Marie-Antoinette


À Marie-Antoinette,

Vous ne pouvez imaginer à quel point le fait que vous ayez pris le temps de répondre à ma lettre me touche. Je tiens à vous remercier du fond du coeur de m'avoir, l'espace d'un instant, accordé de l'attention.

Mon père m'a promis de me faire visiter Versailles; je me demande si l'on peut aussi visiter le Petit Trianon. J'attends beaucoup de cette visite pour son côté culturel et aussi pour pouvoir imaginer, pendant un court moment, dans quel univers vous avez évolué. La cour ne vous a-t-elle donc pas fait peur? Est-il vrai qu'elle pouvait vous ouvrir les bras avec un large sourire et l'instant d'après vous tourner le dos sans même un regard?

Yasmin


Chère Yasmin,

Vous savez, j’ai grandi à la Cour d’Autriche et j’avais donc déjà connu ce qu’était une Cour au moment de mon arrivée en France. J’avais de l’anxiété et de la curiosité, mais je ne sais pas si je peux dire que j’avais peur. Il est vrai que, lorsqu’on est jeune, on a peur de rien!

Les courtisans sont là pour vous courtiser, obtenir des faveurs de toutes sortes et la plupart des gens savent dissimuler, faire preuve d’hypocrisie. La Cour n’est pas -ou n’était pas- un endroit facile. 

À bientôt, chère Yasmin,

Marie-Antoinette