Flore
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Souvenirs

    Votre Majesté,

Rassurez-vous, je crois que les historiens ont bien compris que vous étiez innocente dans l'affaire du collier. J'ai su tout de suite que vous étiez innocente et je suis quelqu'un qui ne se fie jamais aux rumeurs. J'ai eu le plaisir de correspondre avec votre époux et monsieur de Fersen. Ils sont très gentils. Tout d'abord, je vous savais innocente parce qu'une reine de France n'avait besoin de personne pour se procurer des bijoux (madame du Barry vous a proposé d'intercéder en votre faveur au roi pour qu'il vous offre des boucles d'oreilles, pour qui se prend-elle?). De plus, une relation entre vous et Rohan aurait été inconcevable puisqu'un cardinal fait voeu de chasteté, ce qui ne fut pas son cas, apparemment. Il était un débauché dont les appétits étaient à la hauteur de sa réputation. Et puis prétendre que la reine de France accorderait des rendez-vous secrets en pleine nuit est déjà un crime. De plus, vous ne lui avez pas adressé une seule fois la parole en dix ans. Cet homme est un simple d'esprit, ma parole. Sa naïveté frôle la niaiserie. Je vous dis que je ne crois en rien à tous ces cancans sur une relation adultère avec monsieur de Fersen et encore moins à l'accusation d'inceste de votre fils. Je suis sûr qu'il a été menacé. Décidément, rien ne vous aura été épargné. Je compatis à votre douleur. Il y a un film inspiré de votre vie et dans ce film, vous avez des rapports sexuels avec monsieur de Fersen. Je pense que le réalisateur et les scénaristes se sont inspirés bêtement des rumeurs. De plus dans un film, l'actrice jouant votre rôle, reconnaissait avoir une liaison, ce qui ne fut pas votre cas. Je ne vous ennuierai pas plus longtemps avec ses vieux souvenirs . Même si le temps sépare, vous n'êtes pas seule, madame. J'ai lu vos correspondances et vous avez des partisans à mon époque. Gardez espoir et confiance.

Respectueusement,

Flore



Chère Flore,

Une accusation d'inceste sur mon fils! Je ne savais rien de ces nouvelles rumeurs! Comme cela me fait de la peine, comme cela me tue! Quelle affreuse chose à dire! Ces révolutionnaires n'arrêteront donc jamais de répandre des abominations! Quelle tristesse!

Comme vos paroles sur le cardinal reflètent bien ma pensée! J'ose espérer que les gens ont compris ces choses comme vous le faites.

Ah, Flore, comme je me sens impuissante enfermée ici! Mais je ne perds pas confiance et je sais que parmi toutes ces horreurs que disent et font les révolutionnaires, il y a plein de gens qui nous soutiennent!

Au revoir, chère Flore!

Marie-Antoinette