Fleur
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Secret de beauté
 

    Château de Claix, forteresse du Dauphiné.

À la lumière de ma dernière bougie.

Votre Majesté,

La renommée de votre beauté, si vous ne le saviez déjà, a survécu bien au-delà de votre mort pour parvenir jusqu'à nous aujourd'hui. Et c'est à la jeune Dauphine qui demeure en vous que je souhaite m'adresser. Quel est le secret de votre inégalable beauté? Ce n'est pas, Madame, que je répugne à m'adresser à la Reine que vous êtes. Mais, de par son âge, principalement, et son bon-sens, plus rarement, l'innocente Dauphine m'est quelque fois semblable.

Avec mes amitiés les plus distinguées.

Fleur,
Fille du Comte de Claix.



Chère Fleur,

Comme vous avez un joli prénom!

Puisque c'est la dauphine que vous complimentez sur sa beauté et à qui vous en demandez le secret, c'est elle qui vous répondra. Ma beauté de jadis était sans doute due à ma jeunesse. L'on est toujours beau lorsqu'on est jeune! Je prenais -et j'ai toujours pris- grand soin de ma peau. Une blancheur la plus pure qui soit est signe de santé et de bien-être. Ma beauté n'était donc pas étrangère aux soins que je lui accordais pour la préserver. Mais, vous savez, pour être beau, il faut savoir aussi se tenir. Le maintien est si important qu'il en dit long sur une personne. Toutefois, si vous me voyiez aujourd'hui, en tant que reine, enfermée dans un cachot, vous seriez surprise. Je n'ai plus rien de cette jeune et belle femme que vous vous représentez. La prison n'est pas favorable à ce genre de chose.


Au revoir, chère Fleur,

Marie-Antoinette