Savez-vous?
       

       
         
         

C.

      Votre Majesté,

Savez-vous qu'aujourd'hui en France tout le monde, ou presque, mange du pain à chaque repas? Que le Louis n'existe plus, qu'il a été remplacé par le Franc, puis l'Euro (en référence à l'Europe). Que des touristes visitent la Conciergerie en écoutant le récit de vos derniers instants? Que votre époux fut le dernier roi de France? Et que désormais c'est un président, élu par le peuple, qui décide de la politique de la France (ainsi qu'un Gouvernement, sous la conduite du premier ministre)?

C.

 

       
         

Marie-Antoinette

      Cher C.,

On a souvent voulu faire croire que je n'étais qu'une tête à vent, que j'étais trop insouciante, trop superficielle et trop mondaine pour être intelligente et pour m'intéresser à la vie en dehors de mon château de Versailles ou de Trianon, on s'est plu à faire croire et à répandre cette rumeur, «Marie-Antoinette est sotte», ainsi, à la lecture de votre lettre, je me rends compte que ces rumeurs ont sans aucun doute trouvé en vous un écho certain...

Pardonnez-moi mais, l'on m'a dit qu'à votre époque, en France, la pauvreté existe encore et toujours et que beaucoup de personnes, hommes, femmes et enfants souffrent de ne pas pouvoir manger à leur faim. Concernant le Louis et l'Euro, l'équipe de Dialogus m'a bien expliqué la chose mais ce n'est pas ce qui me surprend le plus: des touristes à la Conciergerie?! Cette prison sordide, n'ont-ils pas mieux à faire? Il y a tant de jolis endroits en France! Il faudrait leur dire que pour le plaisir des yeux, Versailles et beaucoup d'autres lieux sont sans doute plus adéquats. Et je dois vous corriger sur un point: mon mari ne fut pas le dernier roi de France. Mon fils vit toujours, du moins à ce que je sache et d'après ce qu'on a bien voulu m'en dire, et la monarchie ne meurt jamais, quoi qu'il advienne. Il est vrai cependant qu'il est difficile de savoir où nous en sommes dans les désordres qui règnent en France aujourd'hui.

J'espère avoir su répondre à vos interrogations,

Marie-Antoinette