Quelques questions
       

       
         
         

Sonia

      Chère Madame c'est un honneur pour moi d'écrire à une reine de France, tant mieux si ma lettre a été un réconfort pour vous. J'ai quelques questions à vous poser. Pourquoi les reines de France doivent-elles accoucher en public, quel souvenir gardez-vous de vos parents, vos favorites Madame Polignac et la princesse de Lamballe comment est-elle, et aussi Monsieur de Fersen est-ce que ce sont vos meilleurs ami(es)? C'est tout. Merci de me répondre.

Bien à vous Madame, de Sonia

 

       
         

Marie-Antoinette

     

Très chère dame Sonia,

Quel beau prénom que le vôtre! 

Voici les réponses aux questions que vous m’avez fait parvenir.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les Reines de France devaient accoucher publiquement. D’abord parce que l’enfant est tellement attendu et tellement important, qu’il s’agit comme d’un spectacle. Il s’agit aussi de s’assurer que l’enfant qui allait naître était bel et bien vivant au moment de la naissance et qu’il n’y avait pas de danger de substitution. Je vous assure qu’il n’y a rien d’amusant à accoucher publiquement et que cela me fut même particulièrement difficile. Il y avait tant de gens présent lors de la naissance de Madame Royale et l’air y était tellement lourd que j’en perdis connaissance.

Les souvenirs de mes parents me semblent si lointains aujourd’hui… Je garde tout particulièrement un souvenir à la fois tendre et dur de ma mère. Je l’ai aimée tendrement et elle aussi j’en suis certaine mais elle se devait aussi de gouverner et souvent cela n’est point compatible avec l’amour maternel. 

Ma bonne amie Madame de Polignac… vous me rappelez son souvenir et les moments de bonheur que nous avons vécus. J’ose espérer qu’elle se porte bien et sans doute pense-t-elle à moi. Et je suis remplie d’horreur lorsque je pense à la triste de fin que connu ma chère Lamballe. Toutes deux, bien que différentes, m’ont été très chères. Elles étaient aimables et douces et elles possédaient aussi chacune un grand cœur. C’est de cela que je veux me souvenir. Elles étaient, avec Monsieur de Fersen, mes meilleurs amis.

Au revoir, chère Sonia.

Marie-Antoinette