Place à vos arguments
       

       
         
         

Clément Michel

      Chère Marie-Antoinette,

Il y a quelques jours j'observais un jeune adolescent de 13 ans en train de clavarder avec ses amis sur le Net. (...une technologie des années 2000 qui prétendument mettrait tous les êtres humains en véritable communication!!!...)

Ayant le privilège de connaître une «l'onde mystérieuse DIALOGUS» qui permettrait à toute personne de pouvoir discuter avec des gens disparus depuis longtemps, je lui ai offert d'entrer en communication avec vous. Un grand rire de sa part a suivi mon offre. Sa réponse: «C'est ridicule! Pourquoi les personnages du passé ont-ils l'orgueil de vouloir revivre? On a assez de notre vie à vivre et de notre futur à créer sans remuer les cendres. Pourquoi devrais-je parler avec Marie-Antoinette ou la connaître?»

Plein d'arguments auraient pu sortir de «ma petite boîte d'adulte». Mais je me suis dit que la meilleure personne pour évoquer les raisons les plus solides était peut-être Marie-Antoinette elle-même... Alors Majesté, pourquoi voulez-vous que l'on vous connaisse encore aujourd'hui? L'orgueil royal de ne pas mourir? J'attends vos arguments avec anxiété car ce problème touche aussi tous ceux et toutes celles qui sont disparus avec vous... ou avant vous...

Un futur mort depuis 300 ans, M.C.

 

       
         

Marie-Antoinette

      Cher Monsieur,

Il est vrai que treize ans est un âge bien tendre pour comprendre toutes ces choses qui sont plus évidentes aux adultes. Je ne peux en vouloir à ce jeune garçon puisque j'ai moi-même mis beaucoup de temps avant de me consacrer aux choses sérieuses. Non que je n'eusses été consciente de leur existence, mais parce que la vie à la Cour me pesait tant que seuls les plaisirs me permettaient de m'en détacher, ou du moins de l'oublier quelque peu. Je sais aujourd'hui que l'on s'est servi de mon goût des plaisirs pour tromper mon peuple sur mes véritables sentiments à son sujet. Peut-être est-ce un peu pour cette raison que je souhaite répondre aux questions qu'il m'est donné de recevoir par Dialogus. Peut-être est-ce dans l'espoir de rétablir un tout petit peu la vérité. Car, Monsieur, à l'endroit où je me trouve présentement et dans ma situation, je connais bien la haine que l'on me porte. Mais croyez-le ou non, je ne peux définitivement perdre l'espoir, car il est tout ce qu'il me reste de la vie.

Marie-Antoinette