Michel
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Mesdames de France

    Ma très chère Reine,

Une nouvelle fois, j'ai le grand honneur de dialoguer avec Votre Majesté, j'espère que vous vous portez bien.

J'aurais aimé connaître les relations que vous avez entretenues avec Vos tantes, Mesdames Adélaïde, Sophie, Victoire et Louise, filles de Louis XV. N'est-ce point Adélaïde qui est la première à vous avoir donné l'horrible surnom d'Autrichienne? Est-elle si méchante qu'on le dit? Étaient-elles toutes les 4 jolies femmes? Certains disent que Madame Sophie était laide, Louise bossue et Victoire grasse? Pouvez-vous m'en dire plus?

Avec mon plus profond respect.

Votre serviteur.

Michel



Très cher Michel,

Vous me voyez ravie d'avoir eu le bonheur de recevoir une nouvelle lettre de vous. Ma situation est toujours aussi difficile, ici à la Conciergerie. Mais je ne désespère pas que mes amis tentent toujours de me venir en aide, ainsi qu'à mes chers enfants. J'espère que tout se passe bien pour vous, dans votre temps si lointain.

Mes tantes, les filles du feu Roi Louis XV, furent les premières amies que j'eus à la Cour de Versailles, si je peux les qualifier ainsi. Il est vrai que les amis se font rare à la Cour et je crus, assez naïvement, je peux bien l'admettre, que ces femmes étaient mes amies. Mais je me suis rapidement aperçu que ce n'était pas le cas et si mes relations avec elles ont de tout temps été correctes, c'est tout ce par quoi je peux les qualifier. Et en ce qui concerne leur apparence, elles n'étaient pas les femmes les plus jolies de la Cour, cela est certain...

L'on m'a en effet rapporté que c'est Adélaïde qui fut la première à me donner le surnom que vous m'écrivez. Mais allez savoir... Je n'en serais pas surprise, je vous l'assure. Je ne sais pas si cela est de la méchanceté, de la jalousie ou de l'aigreur... peut-être un peu de tout cela. Ainsi va la Cour...

J'espère avoir de nouveau le plaisir de recevoir une de vos lettres.

Au revoir, mon ami,

Marie-Antoinette