Marie
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Madame de Polignac

    Votre Majesté,

Je m'intéresse au personnage de la duchesse de Polignac, que la postérité a bien mal traitée... À mon sens, en effet, elle n'a jamais fait que vous entourer de toute son affection, vous et vos chers enfants, avec loyauté et dévouement.

Malheureusement, il ne nous reste que peu de traces de votre correspondance avec madame de Polignac... assez cependant pour y lire que, vous aussi, vous désirez ardemment que justice lui soit rendue. Quelques mentions également dans des écrits concernant Votre Majesté... bien peu de choses, donc, et bien des menteries!

Il nous est par exemple impossible de savoir à quel prénom exactement répondait la duchesse de Polignac... Yolande, comme le prétendent certains? Gabrielle? Martine, peut-être? Ou, alors, même dans l'intimité de l'amitié, Jules, du nom de son époux?

Comme l'abbé devant votre auguste mère, je me jette aux pieds de Votre Majesté.

Marie



Ô chère Marie!

Enfin, quelqu’un qui ne s’acharne pas sur madame de Polignac et qui comprend notre amitié! Il semble en effet que la postérité ait rendu de bien mauvais services à la réputation de mon amie. Je tente de répondre le plus justement du monde aux lettres de vos contemporains qui traitent de mon amie, mais tous semblent la mépriser au plus haut point! Vous me voyez comblée de trouver enfin quelqu’un qui ne partage pas cette mauvaise opinion.

Bien que je trouve tous ses prénoms très beaux et que je les utilisais tous à un moment ou à un autre, dans l’intimité, je l’appelais le plus souvent Jules. Mais seulement dans l’intimité! Car en public, comme c’était le cas pour toutes les personnes de la Cour, je m’adressais à elle en utilisant son nom complet.

Au revoir, chère Marie, et que Dieu veille sur vous!

Marie-Antoinette