Alexandre
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Louis, Pompadour et autres...

    Votre Majesté,

Permettez-moi de me présenter: je m'appelle Alexandre et j'ai 14 ans.

En cette année, je dois me préparer à un examen, composé de français, de mathématiques et d'histoire-géographie, appelé« brevet». C'est pour cette raison que j'envoie quelques lettres à des personnages de l'histoire (même si j'écris aussi à des personnages fictifs, à des écrivains, à des acteurs, etc.).

À mon âge, qu'appreniez-vous comme leçons?

À quel âge et dans quelles circonstances avez-vous rencontré Louis XVI, votre époux?

Avez-vous connu la Marquise de Pompadour?

Votre jeune serviteur,

Alexandre



Cher Alexandre,

Comme il me paraît loin, ce temps où j’avais votre âge! C’est d’ailleurs lorsque j’avais cet âge que je me suis mariée, et ce, avant même d’avoir rencontré mon époux! Mon mariage, comme tous les mariages royaux, en fut un d'alliance entre la France et l’Autriche. Je n’ai donc rencontré mon époux, le futur Louis XVI, que lors de mon arrivée en France, après m’être déjà mariée par procuration. La première rencontre fut intimidante et nous étions tous les deux très réservés l’un envers l’autre. Mais je crois que Louis l’était encore plus que moi!

Les leçons que j’appris à mon arrivée concernaient surtout la manière de vivre à Versailles. Avant mon départ de l’Autriche, je dus apprendre le français. J’avais aussi des leçons de maintien, de musique et de chant, de lecture et d’écriture et j’en passe. Cela dit, je n’ai jamais eu de goût pour l'étude et cela se voyait aisément dans mon manque de concentration.

Et pour répondre à votre dernière question, je n’ai pas connu Madame de Pompadour, qui est décédée quelques années avant mon arrivée en France.

J’espère avoir pu vous aider d’une quelconque façon dans votre brevet! N’hésitez pas à m’écrire de nouveau si je puis vous venir en aide.

Au revoir, cher Alexandre,

Marie-Antoinette




Votre Majesté,

Je vous envoie de nouveau une lettre. Une question me turlupine:

Quelles sont les différences entre le grade de chevalier et le grade de mousquetaire? (À moins que les mousquetaires n'existent plus à votre époque, donc désolé si c'est le cas.)

Merci de votre réponse,

Alexandre



Très cher Alexandre,

Je suis heureuse d'avoir de nouveau de vos nouvelles.
Comment s'est passé votre brevet?

Les mousquetaires n'existent effectivement plus, mais je peux quand même vous apporter une réponse à votre question: «Chevalier» est un titre de noblesse et non un grade, tandis que «mousquetaire» est un service dans l'armée, un emploi.

À bientôt, je l'espère, cher Alexandre.

Marie-Antoinette


Majesté,

Je n'ai pas encore passé le Brevet. En effet, je le passe en 2006 et je suis actuellement en 2005. J'ai vu hier un documentaire sur vous (un documentaire est un document sur un personnage, un lieu, un pays, etc.). Ce que j'ai pu voir: une femme fascinante dans une époque qui m'intéresse. J'aurais, suite à la vision de ce documentaire, quelques questions (en espérant qu'elles ne vous ont pas été encore posées).

Quelle a été exactement votre réaction en voyant la tête de Madame de Lamballe au bout d'une pique?

Connaissez-vous l'identité de la prostituée avec le cardinal de Rohan lors de l'affaire du collier?

Est-il vrai que votre mari était hésitant au moment où il était prêt à s'accoupler avec vous?

Est-il vrai que vous avez pleuré au moment où vous avez quitté vos vêtements autrichiens pour des vêtements français?

Lors de la vision du documentaire, j'avoue avoir été gêné en apprenant que votre jeune fils fut battu pour la simple raison qu'il était noble. Ne voyez aucune naïveté dans ma remarque, mais la haine fait oublier à certains que leurs victimes peuvent être très jeunes.

Votre jeune serviteur,

Alexandre



Très cher Alexandre,

Mon fils, battu? Oh, cher Alexandre, dites-moi qu’il n’en est rien! Est-ce ce cordonnier Simon qui a fait une telle chose? Comme j’espère que vous faites erreur! J’aime mieux ne pas trop y penser, les nouvelles que j’apprends de toute part sont si contradictoires! Il ne faut pas perdre espoir et surtout ne pas se laisser aller à croire aux rumeurs.

Cette pauvre madame de Lamballe! Je fus horrifiée de voir comment elle fut traitée, elle qui n’a jamais fait de mal à personne! Cela est affreux de voir à quelle bassesse ces révolutionnaires peuvent en venir. J’en fais encore d’affreux cauchemars.

Et que dire de cette Affaire du collier? Je n’ai jamais connu cette Jeanne de la Motte. Je n’ai jamais rien eu à faire avec cette méchante femme.

Le feu Roi mon mari avait une infirmité qui ne lui permettait pas d’avoir de relations intimes. Mais cela fut réglé, comme vous le savez, puisque par la suite nous avons eu des enfants.

Ce n’est pas tellement le fait de quitter les vêtements autrichiens qui fut un moment difficile, mais plutôt de quitter une vie connue, des gens connus, en sachant que je n’allais probablement jamais les revoir, pour une nouvelle vie remplie d’inconnus.

Ah, que de souvenirs, cher Alexandre!

À bientôt,

Marie-Antoinette