Jeanne Bécu, comtesse du Barry
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Lettre de Madame du Barry
 

    Majesté,

Je sais que vous me haïssez, bien que je n’aie jamais souhaité prendre votre place de reine et encore moins vous déplaire, mais je tenais à vous apporter toutes mes condoléances pour la mort de sa majesté le roi, dont je porte toujours le deuil. Je voulais vous dire à quel point j’étais navrée lorsque j’ai appris les ennuis que vous avaient causés l’affaire du collier. Ce collier m’était destiné. Sa majesté le roi Louis XV l’avait commandé pour me l’offrir. Si Dieu ne l’avait pas rappelé à lui avant son achèvement, ce malheur ne serait peut-être jamais arrivé. Je n’ose y penser sans frémir.

Bien que nous ayons toujours eu de très mauvaises relations, nous avons aussi quelques points communs. Nous voulions toutes deux être reconnues à la cour de Versailles. On nous souriait pour obtenir des faveurs du roi mais pas pour nous-mêmes. Bien que vous me preniez pour une misérable catin, je n’ai pas accordé ma couche au roi seulement pour l’argent. J’avais une profonde affection pour lui et sa mort m’a affligée autant que vous.

Avec tout mon respect,

Jeanne Bécu, comtesse du Barry

Madame,

Vous aviez besoin d’être reconnue, pas moi. Nous n’avons jamais rien eu en commun.

Ne m’écrivez plus, vous ne recevrez plus de réponses.

Marie-Antoinette